J.r.t.
22 Juin 2009
Toutes les sociétés minières nouvellement créées oeuvrant en partenariat avec la Gécamines, et dans ses concessions au Katanga, allaient être paralysées jusqu'à ce que soient satisfaites les revendications salariales des agents de la Générale des Carrières et des Mines (Gécamines). C'est ce scénario-catastrophe que les travailleurs de la GCM entendaient mettre en application dès ce lundi dans la province du Katanga. Et ce, pour arracher la décision de libération de la somme de 50 millions de dollars représentant le « pas de porte » versé par le consortium chinois « Sicomines ».
Et comme pour confirmation de leur détermination à en découdre aussi bien avec leur comité de gestion que le gouvernement, un débrayage de près de deux semaines était ponctué d'un « matanga » spécial organisé devant l'immeuble de la Gécamines, où étaient exposés quelques cercueils en carton couverts de branches de rameaux.
C'est dans cette ambiance de grève aux allures de funérailles que le gouverneur de la Banque Centrale du Congo, entouré de ses plus proches collaborateurs, a rencontré vendredi la délégation syndicale de cette entreprise publique conduite par le Directeur général Paul Fortin, lui aussi accompagné de quelques hauts cadres.
Au bout de plus d'une heure de négociations, Paul Fortin était tout heureux d'annoncer que la Banque centrale du Congo venait de débloquer la somme de 50 millions de dollars en faveur de sa société, avant d'ajouter que l'Institut d'émission et la Gecamines se sont mis d'accord sur les modalités de l'utilisation des fonds provenant du « pas de porte » des entreprises chinoises.
« Nous sommes en phase de mise en application des programmes prévus », a-t-il indiqué, pour le rééquipement technique de la Gécamines, la réorganisation industrielle, la libération des charges sociales, c.à.d. la paie pour le personnel local, ainsi que pour les expatriés qui avaient travaillé à la Gécamines ». Il s'est félicité de l'appui de la BCC, grâce auquel les discussions se sont déroulées sans heurts, avant de remercier le gouverneur pour son soutien.
S'agissant du contentieux de 52 mois d'arriérés de salaires, il s'est abstenu de tout commentaire, se contentant de signaler que les arriérés sont pris en compte et qu'ils seront liquidés progressivement. Des fonds gelés pour des raisons de sécurité Abordé par la presse, Jean-Claude Masangu a confirmé que la BCC a libéré 50 millions de dollars, lesquels seront disponibilisés dès ce lundi.
A la question de savoir pourquoi la BCC a tardé à débloqué ces fonds, il a fait savoir que l'Institut d'émission devait d'abord sécuriser ces fonds. Car, comme on le sait, les comptes bancaires de la Gécamines font souvent l'objet de saisie, au Congo comme à l'étranger.
En ce qui concerne les rumeurs ayant fait état des interférences de certaines autorités de tutelle dans le blocage de ce fameux pas de porte, Masangu Mulongo a martelé que ces fonds étant une propriété de la Gécamines et non de l'Etat, il revient à cette entreprise minière de donner des instructions à la BCC pour leur utilisation.
L'équivoque étant ainsi levée, agents et cadres de la Gécamines n'attendent plus que la concrétisation de l'information livrée par leur Directeur Général, et relayée par le gouverneur de la Banque Centrale du Congo.
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