Rousseau-Joël Foute
23 Juin 2009
En Afrique, un référendum pour changer de Constitution est une quasi-tradition régionale, voire continentale. Les précédents sont légion. Et ce type de consultation n'est pas en soi considéré comme « une violation de l'ordre constitutionnel », selon l'Union africaine. D'ailleurs, son président en exercice, le colonel Mouammar Kadhafi, a officiellement apporté sa caution à la démarche du président nigérien, Mamadou Tandja, dont la volonté d'organiser le 4 août prochain un référendum sur une nouvelle Constitution qui lui permettrait de rester au pouvoir au-delà de son dernier quinquennat, fin 2009, « afin de parachever les nombreux chantiers engagés », n'avait d'égal que l'opposition musclée de plusieurs forces vives de son pays, des institutions sous-régionales (CEDEAO) et de quelques grandes puissances.
Le problème se pose en réalité lorsque la manipulation des institutions met à mal la stabilité politique et sociale d'un pays. Qui plus est, un pays extrêmement pauvre et largement dépendant de l'aide internationale comme le Niger, logé dans les profondeurs du classement au regard de l'indice de développement humain du Programme des Nations unies pour le développement. C'est donc tant mieux si la chronique annoncée du chaos au Niger a perdu sa source d'inspiration. Tel un ciel qui commence à s'éclaircir après des signes avant-coureurs d'un ouragan.
Nous allons peut-être vite en besogne car il reste vrai que le président Mamadou Tandja n'a pas encore déclaré officiellement qu'il renonce à son projet d'organiser un référendum constitutionnel. Mais tout porte à croire qu'il bat en retraite. En tout cas, quelques indices autorisent à penser ainsi. Il y a d'abord les élections législatives anticipées qui auront lieu le 20 août prochain, selon la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) qui n'a ainsi pas retenu l'idée du président Mamadou Tandja d'un référendum constitutionnel. Le 13 juin dernier, "la Ceni a classé le référendum sans suite le lendemain de l'arrêt de la Cour constitutionnelle annulant le décret présidentiel qui le convoquait pour le 4 août", a expliqué à l'AFP un membre de la Commission sous couvert d'anonymat.
Le 26 mai, Mamadou Tandja avait dissous le parlement, cette fois au lendemain d'un premier avis défavorable de la Cour constitutionnelle sur un tel référendum. La nature ayant horreur du vide, la Constitution actuelle prévoit que le Parlement doit être renouvelé dans les 45 jours au moins et 90 jours au plus tard après sa dissolution. Logiquement, le Niger devrait rentrer dans une ère de décrispation, les opposants au projet présidentiel n'ayant plus aucune raison de descendre dans la rue pour battre le pavé. Le Front de défense de la démocratie (FDD), coalition regroupant plus de 200 partis politiques et organisations de la société civile décidés à faire échec au scrutin référendaire, ainsi que les sept centrales syndicales du pays, doivent maintenant faire prévaloir leur point de vue à travers les urnes. Face à eux, le Mouvement nigérien de la société de développement (MNSD, première force politique), qui demeure une redou
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