Fait Tabapsi
22 Juin 2009
A l'heure où les Tic semblent avoir le vent en poupe, ce métier apparaît comme une niche d'emplois pour la jeunesse. Malgré les avancées dans le domaine des technologies de l'information et de la communication, l'écrit demeure comme on peut le constater à travers les catégories de médias y afférents et malgré les pesanteurs qui ne manquent point. Et dans la mise en forme des informations soumises à l'attention du lecteur figure en bonne place l'imprimerie.
Qui, selon Jean-Pierre Djoufack, enseignant au Centre de formation professionnel des arts graphiques (Cfpag) de Yaoundé est un ensemble constitué de la pré-presse, de la presse et de la post-presse ou finitions. Une chaîne donc au sein de laquelle le conducteur off set joue un rôle de premier plan à en croire notre spécialiste.
Pour cet homme rompu aux métiers de l'imprimerie en effet, le conducteur off set est "un technicien qui est appelé à opérer sur les machines d'impression". Une définition qui en dit long sur les capacités que doivent avoir les personnes formées à ce métier qui ne sont cependant pas légion au Cameroun.
Pour lui en effet, "beaucoup qui exercent dans le métier sont formés sur le tas avec les lacunes que chacun peut imaginer sur le rendement de l'investissement, notamment en équipement, que requiert toute entreprise dans le domaine".
Un avis qu'une descente dans le site du Cfpag que dirige Brice Touka au quartier Bastos permet d'en prendre la mesure. Là bas, de jeunes gens s'initient depuis le mois de février dernier à ce métier pour lequel ils ont visiblement du plaisir.
Eux qui au fil des semaines (la formation initiale ici dure neuf mois dont deux en entreprise dans le cadre du stage académique), apprennent des modules aussi variés que le procédé d'impression, la maîtrise de la couleur, la connaissance du papier ou la maintenance et l'hygiène des équipements.
Parce que les ressources humaines ainsi formées doivent être rentables pour leurs futurs employeurs, M. Djoufack estime que le bon niveau pour apprendre le métier est celui du Bepc. Un parchemin qui ne doit cependant pas occulter des pre-requis indispensables comme une santé de fer car le métier se fait essentiellement debout, un oeil tout aussi en bon état dans la mesure où la notion de couleur ici est primordiale.
Le candidat doit aussi pouvoir accepter de travailler sous pression car les commandes sont strictes et toute négligence entraîne des pertes énormes pour son employeur avec comme conséquence la perte de confiance du client. C'est pourquoi il doit "être réceptif, concentré et avoir un esprit d'équipe irréprochable".
Des qualités qui lui permettront sans doute de mieux faire face aux difficultés qui ne manqueront pas au cours de sa formation et qui tournent essentiellement autour du coût de la formation qui n'est pas donné. Au Cfpag, il s'élève à 450.000 Fcfa. Une somme qui se justifie d'après les responsables par la qualité des équipements et des enseignants. Une difficulté qui selon M. Djoufack n'est rien par rapport à ce que peut gagner le candidat une fois sa formation terminée.
"Comme je ne cesse de le dire, le milieu comprend beaucoup de personnes pas bien formées du tout. Ce qui laisse de la place à celui qui a subi une bonne formation. En plus, les débouchés existent et les commandes vont en s'accroissant comme on peut le constater même avec la multiplication des supports écrits de communication".
Un métier donc qui a encore de belles années devant lui au Cameroun et que les spécialistes conseillent aux femmes. Elles pourront alors, avec les hommes bien entendu, permettre aux investisseurs qui ne manquent pas dans les villes camerounaises de mieux rentrer dans leurs investissements.
Dans tous les cas, le Cfpag, la seule école spécialisée de la sous-région Afrique centrale, annonce sa prochaine rentrée en septembre. Lui qui espère que d'ici là, les négociations avec le ministère de l'Emploi et de la formation professionnelle (Minefop) ainsi que le Fonds national de l'emploi (Fne) auront permis de réduire les coûts de formation de moitié.
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Entiérement d'accord avec mr djoufack sur son excellente analyse de la profession.J'ajouterais également que la maîtrise de notre métier passe par l'interprétation de l'éventuel dysfonctionnement et la justesse de l'intervention à effectuer. A l'heure où la technologie grandissante engendre de plus en plus de conducteurs offset "presse-bouton" qui savent régler sans pouvoir cibler mécaniquement les problèmes. Chef d'atelier 23 ans d'expérience.