Madior Fall
23 Juin 2009
Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codesria), en collaboration avec la Commission « Open society initiative for west africa » (Osiwa) organise depuis hier, lundi 22 juin pour deux jours à Abuja au Nigeria, un rendu des travaux de ses chercheurs et chercheurs associés sur le thème : « corruption, gouvernance démocratique en Afrique de l'Ouest : défis et opportunités ».
Une conférence publique qui regroupe outre les chercheurs en science sociale, des décideurs, des parlementaires, des syndicalistes, des politiques, des professionnels des médias venus de tous les coins de l'Afrique de l'Ouest et d'ailleurs pour un échange et une validation dans un dialogue fructueux des questionnements et réponses esquissées.
Après Cotonou 2008 où le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codesria) avait questionné avec les chercheurs invités, décideurs, politiques, syndicalistes, membres actifs de la société civile, professionnels de la communication et de l'information la transition politique en Afrique, la structure de Dr. Ibrahima Sall a discuté hier, lundi 22 juin de la « corruption, gouvernance démocratique en Afrique de l'Ouest : défis et opportunités ».
En collaboration avec la Commission « Open society initiative for west africa » (Osiwa), le Codesria a ouvert ainsi un autre dialogue sur le thème dans la capitale politique nigeriane au moment où les chefs d'Etat et de gouvernement des 16 pays de la Communauté de développement économique de l'Afrique de l'Ouest (Cdeao) planchent également à Abuja sur des questions intéressant leur communauté.
Entendront-ils, ces présidents de la République et chefs de gouvernement, les plaintes de plus en plus structurées de leurs élites et de leurs populations contre le fléau qui gangrène leurs sociétés, plombent leur économie, déstructurent leurs projets, affaiblissent leurs institutions, déséquilibrent leurs fragiles nations ?
Rien de moins sur si on en croit Abdoul Latif Coulibaly, le Directeur de l'Institut supérieur des sciences de l'information et de la communication (Issic) à Dakar et non moins Directeur de publication de l'hebdomadaire La Gazette. Selon lui, les dirigeants africains sont les moins préoccupés des questions de corruption, mieux ils développement de nouveaux types de corruption en devenant entrepreneur eux-mêmes.
A la suite du Pr. Adébayo Olukoshi, ancien secrétaire exécutif du Codesria qui a introduit le thème général de cette session : « les racines et les dimensions de la corruption en Afrique de l'Ouest » et du Dr. Charles Ukeje du Département des relations internationales de l'Université Obafemi Awolowa, s'est appesanti sur les différentes formes de corruption en Afrique, Abdou Latif Coulibaly trouve que « la corruption - sous toutes ses formes - existe dans tous les pays.
En Afrique, où de nombreux fonctionnaires ont « commercialisé » leur pourvoir administratif, la corruption n'est guère différente de celle qui sévit en Europe, où des partis politiques ont reçu des pots-de-vin considérables dans des marchés public ».
Le Pr Adebayo Olukoshi qui a introduit et modéré les débats lors de cette première véritable session de la journée-la précédente étant plutôt protocolaire-a dressé lui, un tableau exhaustif de l'état des lieux de la corruption en Afrique de l'Ouest.
Pour se faire le désormais ancien secrétaire exécutif du Codesria a résumé pour l'assemblée les travaux de plusieurs de ses collègues qui se sont intéressés pendant une année dans 18 pays de l'Afrique de l'Ouest et au Cameroun à la problématique, à son évolution et aux moyens développés ci et là pour l'éradiquer.
Faisant une synthèse exhaustive du rapport et s'interrogeant lui-même sur plusieurs aspects du phénomène, ou dépoussiérant quelques pistes de réflexions, notamment l'impact de la question de la succession dans la dévolution des pouvoirs en Afrique sur la corruption « politique » etc..
Des discussions enrichissantes ont suivi les exposés. Auparavant, en ouvrant les travaux Mme Nana Tanko, Directrice exécutive d'Osiwa a magnifié le partenariat « gagnant-gagnant » entre sa structure et le Codesria.
Elle a plaidé pour la bonne gouvernance et souhaité que les discussions et les travaux de chercheurs offrent pour les décideurs sous la pression des opinions publiques cadre pour légiférer utilement. Le Dr. Nana Tanko a aussi défendu l'idée d'une forte coalition africaine contre la corruption sous toutes ses formes. Son alter-égo du Codesria, le Dr. Ibrahima Sall n'a pas dit autre chose.
Dans son mot de bienvenue aux participants, il s'est réjoui du partenariat avec Osiwa tout comme il a marqué son espoir dans une Afrique debout en voyant tous ses collègues chercheurs, les décideurs, les dirigeants d'organismes contre la corruption, les professionnels des médias et les membres de la société civile si préoccupés du phénomène et des voies et moyens de l'éradiquer ou de l'atténuer à tout le moins.
Il s'est félicité du fait qu'une soixante dizaines « d'éminentes » personnalités du monde de la science, de la politique, de la Haute administration, des médias, des parlements venus de tous les coins de l'Afrique de l'Ouest et d'ailleurs a répondu à l'invitation conjointe du Codesria et Osiwa ici à Abuja. Il a cependant déploré l'absence de deux participants dont l'un, un des collègues du Codesria retenu à Dakar parce que ne disposant pas de son passeport qu'il est entrain de renouveler.
L'intéressé a été empêché de prendre l'avion à Dakar malgré la présentation de sa pièce d'identité, alors que les dispositions de la libre circulation des personnes et des biens ont été ratifiées par tous les Etats de la Cdeao.
Le cas de l'autre absent est plus grave. Il s'agit en effet de notre confrère gambien, Halifa Sallah de « People's democratic organization for independence and socialism », arrêté par la soldatesque de Jammeh au moment où il s'apprêtait à prendre son vol pour Abuja.
Des manquements et des attitudes qui n'aident pas à la bonne gouvernance a souligné El Hadji Ebrihima Sall. A la suite de la première session, plusieurs autres. C'est ainsi que les participants se sont planchés ensuite sur les conséquences néfastes de la corruption pour la gouvernance, la démocratie et le développement. Discussions qui ont été clôturées par Ebrima Sall qui en a fait la synthèse.
Au programme aujourd'hui, mardi 2 » juin : les raisons de l'inefficacité de l'intervention ou des mesures correctives prises jusqu'à ce jour. Thème qui sera introduit par le Dr. Ayo Olukotum et Me Ata Mensa Zeus Ajavon, avocat et non Pr. A l'université de Bénin.
Dans l'après midi : les nouvelles stratégies et approches de lutte contre la corruption et d'autres communications, notamment celle portant sur le rôle de la classe politique et la société civile dans la lutte contre la corruption...
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