Simon Pierre Etoundi
23 Juin 2009
Les effets de la crise financière mondiale sont plus importants que prévus.
On avait certainement sous-estimé les effets de la crise financière qui a secoué le monde à partir de l'année dernière. Loin des chemins escarpés de la finance internationale, l'Afrique, son économie et son tissu industriel globalement embryonnaires, n'avaient pas trop à s'en faire du tsunami financier qui a fait pas mal de dégâts dans les économies européennes et américaines notamment. Les plus optimistes faisaient même miroiter que l'Afrique avait une chance inouïe de tirer son épingle du jeu. Mais chaque jour qui passe, vient doucher ce bel optimisme.
La Commission économique de l'ONU pour l'Afrique (CEA) prédit que la croissance économique en Afrique va tomber à 2% cette année à cause de la récession mondiale et de la chute des exportations. Et c'est Afrique australe qui sera la région la plus touchée, avec une économie qui se contractera de 1,2% en 2009. Toujours d'après ce rapport, les prévisions de forte croissance sur le continent étaient trop optimistes. L'Afrique avait enregistré une croissance de 5,1% en 2008 et de 6% l'année précédente. Mais tout n'est pas noir pour autant. Car d'après le rapport de la CEA, l'inflation devrait ralentir cette année à cause notamment de la baisse des cours du pétrole et des produits de base. Pour bien aborder cette période tension, la Commission économique de l'ONU pour l'Afrique appelle à plus d'investissements dans le secteur agricole africain comme bouclier à la récession. Il est également question de promouvoir une croissance à long terme.
En tout état de cause, la vigilance est de mise pour l'économie africaine. Du reste la position de Commission économie de l'ONU se rapproche de la vision de la banque mondiale. Ainsi dans le rapport intitulé Global Development Finance 2009: Charting a Global Recovery-Financement du développement à l'échelle internationale 2009 : tracer la voie de la reprise mondiale- il est établit que nous entrons dans une ère de croissance plus lente. Et la croissance des pays en développement devrait être de seulement 1,2 % cette année, après avoir progressé de 8,1 % en 2007 et de 5,9 % en 2008. dans ce panorama, il ressort que la région de l'Afrique subsaharienne a été durement touchée par une diminution de la demande extérieure, un effondrement des prix des exportations, une baisse des envois de fonds et des recettes touristiques et une importante diminution des flux de capitaux, en particulier les investissements étrangers directs.
La croissance de la région devrait décélérer considérablement cette année pour se situer à 1 pourcent environ, contre 5,7 pourcent en moyenne au cours des trois dernières années. Toutefois, une croissance de 3,7 pourcent en 2010 est envisageable d'après les experts de la Banque mondiale. Une importante diminution des envois de fonds et de l'aide représentent un risque pour la région puisque bon nombre de pays de l'Afrique subsaharienne dépendent des flux d'aide pour leur budget et que les envois de fonds représentent un coussin essentiel contre la pauvreté.
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