L'Autre Quotidien (Cotonou)
Aubay
23 Juin 2009
Oiseaux de mauvais augure ? NOn. Nous sommes trop près de la sélection pour nous mettre à dire tout ce qui ne marche pas alors que les acteurs eux-mêmes étaient concentrés sur leur match et y croyaient énormément. Apparemment, seuls les Ecureuils et leurs encadreurs croyaient en un exploit. comme il y a deux ans (1-1 ; le 25 mars 2007 à BamaKO). Mais à cette motivation, les dirigeants du ministère comme de la fédération ont su ajouter une dose d'instabilité.
Le dossier Dussuyer
Après ses soucis de salaires impayés (il reste toujours deux mois à solder), ce sont les ennuis de santé. Entre le jeudi 11 juin où le groupe a repris les entraînements et le dimanche soir où le technicien français s'est rendu dans son pays pour se soigner, personne n'a dirigé l'équipe.
A la limite, on s'en foutait, car le match était à une semaine. Patrick Aussems, directeur technique national a donc fait pendant trois jours illusion, en allant prendre des fiches d'entraînements chez le sélectionneur.
A noter qu'à chaque fois qu'il débute un stage, l'équipe perd (le cas de la préparation du match contre l'Angola, défaite 0-3 à Luanda). L'adjoint béninois restant dans son coin jusqu'au samedi. En ce moment précis, la fédération n'existait pas. Le ministère essayait de pallier à cela en demandant (tout en l'appuyant) à Fortuné Glèlè de prendre ses responsabilités.
Les primes, éternelles et insolubles : Le Bénin est-il en faillite ?
Les Ecureuils n'ont jamais rien inventé en matière de primes. Il y a la liste des primes à payer et il y a la nonchalance et la paresse des responsables de l'autre. La fédération n'ayant pas de trésorier à plein temps, personne ne s'occupe de faire le point à chaque étape afin d'éviter des troubles.
Tout ces tours de passe-passe donnent l'impression que les primes sont des problèmes éternels et insolubles et que les Ecureuils exigent plus d'argent à chaque fois. La réalité est que les autorités du ministère essayent de faire croire que l'Etat béninois est dépassé par la gestion financière de la sélection. En termes simples, aux yeux des Ecureuils, le Bénin, leur pays, est en faillite au point où ils doivent se bagarrer avec chaque ministre pour avoir toutes les primes à temps. Ça tue le moral.
Des séances d'entraînement en souffrance
Mercredi, le groupe ne s'est pas entraîné en soirée parce que l'office de gestion du stade n'a pas été averti à temps. Quelle honte ! Cette structure est sous tutelle, comme la sélection. Il se pose donc un problème d'administration et de communication entre l'encadrement, la fédération, le ministère et les prestataires. Tout s'est passé comme si Fortuné Glèlè, Moucharafou Anjorin ou Rafiou Gazaliou et Etienne Kossi, tous béninois, avaient besoin de Dussuyer pour savoir quoi faire.
On se croirait à l'époque du colon qui rappelle chacun à ses occupations. Dussuyer aurait été là que cette séance nocturne se serait tenue. Alors voilà, on peut avoir honte devant une telle incapacité. Chacun renvoie la balle aux autres. Messieurs, on a compris. Ce n'est la faute à personne, puisque vous êtes tous allergiques aux responsabilités. Et ce n'est pas seulement pour les entraînements, mais aussi pour se caler avec l'hôtel.
Et quand l'hôtel s'en mêle la quiétude s'en va
Sheraton, la référence en matière de professionnalisme et voilà que l'Etat à travers le ministère des sports se fait virer, ou presque. Scène surréaliste jeudi dernier. Etienne Kossi passe voir les joueurs, il fait le show politique, explique avec fermeté aux joueurs qu'ils ne doivent pas sortir etc. Bref, l'autorité a parlé. Mais seulement voilà, avant de venir dire des choses dont pouvaient s'occuper ses collaborateurs, le ministre des sports ne s'est même pas assuré que tout allait bien.
Vous imposez à un enfant qui dort mal, de réussir ses devoirs. Suréaliste. Les portes se bloquent après le déjeuner. Ceux qui sont à l'intérieur des chambres peuvent sortir, mais seraient bloqués dehors comme leurs coéquipiers piégés par l'électronique.
Ça coince et ça durera deux heures avant que le directeur de cabinet ne vienne régler le problème. Quelle honte ! Alors à votre avis, quand une seule équipe traverse autant de choses, serait-elle performante deux jours après ? Soyons honnêtes. Evidemment non.
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