Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Hypothermie faible poids à la naissance - Les grandes causes de la mortalité néonatale

I. Niang

23 Juin 2009


Hypothermie, asphyxie, faible poids à la naissance, prématuré, infections, telles sont les pathologies qui font des ravages parmi les nouveaux-nés. Parmi ces grandes causes de mortalité néonatale, l'hypothermie vient en tête. C'est une maladie qui entraîne une baisse de la température chez le nouveau-né. Et si c'est le cas, elle entraîne l'arrêt du fonctionnement des organes de l'enfant. La mort s'ensuit.

Selon les explications fournies par le chef du service Pédiatrie de l'hôpital Abass Ndaw, l'hypothermie peut être isolée, mais elle s'accompagne souvent de toutes les maladies de l'enfant. 'Le symptôme hypothermie est un aspect à prendre en compte dans la maladie de l'enfant', explique le Pr Ousmane Ndiaye.

C'est pourquoi, préconise le pédiatre, en salle d'accouchement, une fois que l'enfant sort des voies génitales, on fait tout pour qu'il soit nettoyé tout en évitant l'évaporation et les déperditions de températures. Ces gestes simples sont en train d'être promus à tous les niveaux de la pyramide de santé pour éviter les décès liés à l'hypothermie.

A côté de l'hypothermie, l'asphyxie frappe également chez les nouveaux-nés. Un enfant qui ne crie pas après la naissance, c'est quelque chose de fréquent dans les salles d'accouchement. Pour prendre en charge ces pathologies, 'un coin du nouveau-né' est aménagé au niveau des salles d'accouchement, dans le but de réduire les délais de prise en charge après l'accouchement.

Ce coin comporte une table avec une lampe 60 de fabrication artisanale qui ne coûte pas cher (environ 75 000 francs). Ce coin comporte également un aspirateur. 'Le plus souvent, un enfant peut décéder du fait qu'il est encombré à sa naissance. Avec un ballon de respiration, on peut l'aider à retrouver le souffle', souligne le Pr Ousmane Ndiaye. Selon lui, il suffit qu'une équipe soit bien formée pour gérer convenablement ce coin.

L'autre casse-tête en pédiatrie, c'est la prise en charge ou la prévention d'une infection chez le nouveau-né. Sur ce point, des actes très simples sont promus. Il s'agit du lavage des mains avant la manipulation du nouveau-né, d'une manipulation asceptique du cordon ombilical. Autrement, explique le spécialiste, faire tout pour que celui qui manipule le cordon, ne soit pas vecteur de microbes.

Les nouveau-nés sont également victimes du faible poids à la naissance et de leur naissance prématurée. Face à cela, la méthode Kangourou qui est une alternative à la couveuse et l'incubateur dans la prise en charge du nouveau-né est souvent préconisée. Selon le Pr Ousmane Ndiaye, cette méthode Kangourou permet de lutter également contre l'hypothermie.

'Toutes ces stratégies novatrices autour de la prise en charge du nouveau-né sont de plus en plus promues pour aller vite. Nos pays ne sont pas suffisamment riches pour permettre la prise en charge du nouveau-né. Ces actes simples et accessibles dans notre contexte d'exercice permettent, par conséquent, de réduire de façon drastique le nombre de décès des nouveau-nés', explique le chef du service Pédiatrie de l'hôpital Abass Ndaw.

HOSPITALISATION DES NOUVEAU-NES : Un déficit criard de lits frappe les services de pédiatrie

Au Sénégal, les services de pédiatrie sont frappés par un déficit criard de lits de néonatologie. Ainsi, l'hospitalisation des nouveau-nés devient un véritable problème de santé. Les maternités ne disposent non seulement pas de lits pour la plupart, mais elles n'en ont pas suffisamment par rapport au nombre d'accouchement. A l'hôpital Abass Ndaw par exemple, la maternité faisait cinq à sept mille accouchements par an, alors qu'il y a vingt lits de néonatologie.

En plus de cela, les ressources humaines ne suivent pas. 'Que ce soit les infirmières ou les médecins, les ratios ne sont pas bien respectés', regrette le chef du service Pédiatrie de Abas Ndaw. Le Pr Ousmane Ndiaye préconise ainsi toute une politique à mener dans ce sens.

Selon lui, il est important que les hôpitaux et autres aient au moins une structure légère de prise en charge du nouveau-né. 'On nous envoie beaucoup d'enfants dans le niveau 3, alors qu'on pouvait les gérer au niveau de la périphérie', déplore-t-il. Son combat se résume à la mise en place d'une politique de décentralisation des soins en appuyant les districts et en renforçant les capacités des agents à ce niveau.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2009 Wal Fadjri. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Sénégal

Rubriques