Faustin Kuediasala
23 Juin 2009
Kinshasa — La Banque centrale du Congo a vendu lundi par voie d'adjudication 4.843.000 Usd aux banques. Mais les opérateurs des télécoms se sont invités dans les échanges, accusés de torpiller par l'application des taux hors marché les actions de l'Institut d'émission.
Le directeur des services étrangers (DES) de la Banque centrale du Congo, Déogratias Mutombo muana Nyembo, est convaincu de l'existence des fossoyeurs qui perturbent l'action de l'Institut d'émission sur le marché des changes. Loin de tomber dans l'abattement, il a renouvelé, lundi au moment de l'opération de vente de devises aux banques par voie d'adjudication, la détermination de l'Institut de venir à bout de ces « forces obscures ».
Pour cette nouvelle opération de vente de devises, une offre de 4.843.000 Usd a été adjugée aux banques au taux marginal de 753 Fc/Usd.
Mais, bien avant le début de ces opérations, les représentants des banques ont été priés de faire à tour de rôle l'état des lieux de leurs transactions en devises à l'ouverture des marchés le lundi 22 juin 2009. Après le tour des tables, il s'en est suivi un échange entre d'un côté le directeur Mutombo et les banquiers.
D'entrée de jeu, Mutombo muana Nyembo lance : « Au regard des taux présentés par les banques, on peut dire qu'il y a stabilité sur le marché des changes ». Réplique directe des banques : « La stabilité est juste apparente ». Etonnement dans le rang des experts de la Banque centrale : « Que s'est-il donc passé ».
Du coup, les banquiers accusent : « Les opérateurs des télécommunications et leurs super-dealers appliquent un taux prohibitif, hors marché ». L'échange devient alors intéressant. Le Directeur des services étrangers de la BCC voudrait en savoir plus. En fin de compte, il conclut : « Les télécoms jouent donc le trouble-fête en convertissant à un taux hors marché leurs revenus en devises ».
MUTOMBO CALME LE JEU
Il y a donc problème, semble dire le directeur Mutombo. Toutefois, il relativise: « Nous allons approcher les télécoms et leurs super-dealers pour réunir plus d'informations. C'est alors que nous allons réagir. Pour l'instant, il s'agit de les conscientiser et non de les interpeller. Car personne n'a intérêt à ce qu'il y ait instabilité sur le marché des changes. S'il y a des fossoyeurs, des gens qui viennent pour perturber le marché, la Banque centrale prendra des mesures qui s'imposent ».
Preuve que la Banque centrale a pris très au sérieux l'information lui transmise par les banquiers.
Pour tout ce qui se rapporte à l'opération de vente de devises, la Banque centrale s'est fixé à disponibiliser les devises aux banques à la date de valeur, soit le mercredi 24 juin contre versement en cash ou en scriptural.
Elle a exclu tout « refinancement à l'achat des devises pour ne pas fausser le calcul », a indiqué son directeur des services étrangers.
A cet effet, les banques ont promis de jouer franc jeu pour permettre à la Banque centrale d'atteindre les résultats poursuivis au travers de ces opérations dont la première remonte en janvier 2009, relancé par la suite depuis mi-avril après la reconstitution par divers apports extérieurs des réserves internationales de la RDC.
Le montant adjugé par la Banque centrale, soit 4.843.000 Usd, a été réparti de la manière suivante : Raw Bank (1.550.000 Usd), BIAC (700.000 Usd), FiBank (450.000), Solidaire Banque (1.193.000), EcoBank (183.000), Trust Merchant Bank (170.000) et Afriland (400.000).
A noter qu'à la clôture des marchés le lundi 22 juin, le cours indicatif s'est positionné à 755,0151 Fc/Usd contre 759,9045 Fc/Usd, soit une appréciation de 0,65%, note la direction des services étrangers. Le volume des transactions enregistrées à la clôture s'est fixé à 14,908 millions Usd contre 7,372 millions Usd, soit une augmentation de 102,22%, renseigne également la DES.
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