Propos Recueillis Par Justin Blaise Akono
23 Juin 2009
interview
Le Dp et administrateur du site lintelligentdeyaounde.net explore les réalités de cette profession en expansion au Cameroun.
Comment travaillez-vous dans le cadre de votre site ? Est-ce au quotidien ? Est-ce selon l'actualité ?
C'est un peu tout cela. Un journal en ligne n'est pas un périodique. Un magazine en ligne peut l'être. Un journal en ligne va au rythme de l'actualité. A lintelligentdeyaounde.net, nous travaillons pour une mise à jour tous les soirs. Mais si l'actualité bouge en journée, nous bougeons.
Etablissez-vous une différence entre le cyberjournalisme que vous pratiquez et le journalisme classique. Notamment au plan de l'écriture ?
Il y a bien sûr des différences. Pour ce qui est de l'écriture, disons que dans la cyberpresse on est plus court, on insiste sur les espace spatio-temporels, car les lecteurs peuvent nous lire de n'importe où. La titraille est différente, les surtitres ne sont pas conseillés. Pour les genres journalistiques comme l'interview, le portrait, on les annonce carrément. On ne laisse pas le lecteur imaginer qu'il s'agit de cela par la typographie, par exemple. Les genres comme l'analyse, le commentaire ne nous intéressent pas. Nous nous contentons de la première annonce. Il y'a également l'exigence des photos, des photos inédites surtout. Les internautes en sont friands.
On parle de la toile comme un espace libre. Est-ce pour cette raison que vous n'êtes pas astreints au respect de la déontologie et des lois d'un pays ?
Nous passons pour être professionnels, du moins nous avons la prétention de l'être. Cela passe par le respect de la déontologie. Pour ce qui est des lois, la cyberpresse au Cameroun est astreinte à la loi de 1990. Chaque éditeur devrait avoir une autorisation du Minatd pour fonctionner. Maintenant, je connais le procès qu'on fait à la cyberpresse. Les "gens" à qui nous ne pouvons pas faire plaisir ne savent comment fermer les sites et ça les énervent.
Un journal en ligne est un journal comme les autres. Si nous mentons ça nous rattrape. Les lecteurs ne visitent plus notre site, on n'a pas de pub et on meurt. Quand vous rencontrez un annonceur il vous demande combien de visiteurs vous avez. Vous ne pouvez pas mentir parce qu'il suffit d'entrer dans le serveur pour le savoir.
Vous pratiquez le Cyber journalisme depuis 2007. Comment y êtes vous arrivé ?
J'ai reçu une formation journalistique classique. J'ai travaillé pour quelques journaux imprimés paraissant à Yaoundé. Avant de lancer un périodique d'enquête que j'ai appelé l'Intelligent de Yaoundé. Pour arrimer le projet à la modernité, j'ai mis en place un site web pour ce journal. Avec le temps, je me suis rendu compte que les charges d'imprimerie étaient asphyxiantes. Et les entrées ne suivant pas, j'ai déposé le bilan.
Quelle est la plus value de la cyberpresse, selon vous ?
C'est indéniablement l'instantanéité et la faiblesse des coûts de production, qui sont vraiment modestes. En plus, avec la cyberpresse, on peut faire du direct comme en télévision et en radio. Comme on peut réécouter ou visionner à nouveau un élément. En plus, aucun document ne se perd sur la toile. Grâce aux moteurs de recherche on les retrouve toujours, d'où l'éternité.
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