Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Langui - Un bout de Tchad dans le Nord

Dikwe Fodambele

24 Juin 2009


Estimés à 4 600 personnes à leur arrivée, près de 3500 réfugiés tchadiens vivent aujourd'hui dans ce camp de réfugiés

En ce premier jour de la dernière semaine du mois de juin 2009, le soleil clément qui illumine le ciel depuis les premières heures de la journée, déverse ses rayons étincelants sur le camp des réfugiés de Langui, localité située à une trentaine de kilomètres de Garoua. Ici, la vie se déroule comme dans la plupart des villages et autres contrées de cette partie du territoire national. Pendant que les tout-petits se livrent à des jeux divers, les adultes eux, s'activent à des tâches vitales. L'on peut observer de loin certains qui s'attèlent à la réfection et à la réhabilitation de leurs habitations respectives, pendant que d'autres s'investissent dans les travaux champêtres, juste derrière leurs concessions. Devant le hangar abritant les services du Haut commissariat des réfugiés (HCR), l'on se bouscule pour se procurer la ration alimentaire mensuelle.

Dans la foulée, un homme se fait remarquer particulièrement par son accoutrement. Vêtu d'un costume noir, assorti d'une cravate bien nouée à son cou, il se rapproche de nous d'un pas alerte et se présente comme étant le coordonnateur du collectif de réfugiés tchadiens de Langui-Pitoa. Tarnyade Bodalta Djon-Gonan. Attirés par notre présence, plusieurs autres réfugiés accourent. Et notre interlocuteur de les rassurer de l'objet de notre visite et de notre entretien, en langue vernaculaire. « Ils s'inquiètent beaucoup pour moi depuis que je suis devenu leur nouveau coordonnateur. Mais c'est surtout la décision du gouverneur de la région du Nord, en date du 13 juin 2009, m'expulsant de ce camp pour trouble à l'ordre public et agitations, qui les préoccupe le plus », nous laisse-t-il entendre. Et Tarnyade Bodalta Djon-Gonan de préciser, comme pour nuancer un peu ses propos, que « ce camp se veut être un lieu où règne une culture de paix et de non violence, érigée selon lui en lettres d'or dans les esprits de tous les réfugiés tchadiens de Langui-Pitoa ».

En effet, suite aux conditions de vie jugées difficiles par ces réfugiés au mois de juin 2008, quelques incidents avaient été enregistrés dans ce camp. Cette situation a rendu difficile la collaboration entre les pensionnaires et les populations environnantes qui se sont senties menacées du fait de l'insécurité qui y voyait jour. Il a fallu beaucoup de tact de la part des autorités administratives locales et des responsables humanitaires présents, pour ramener l'ordre et la sincérité dans le camp.

Grâce aux actions combinées du gouvernement camerounais et de ses partenaires des organismes humanitaires, notamment le HCR, le PAM, la Croix Rouge Camerounaise, Action-Aid, entre autres, 728 enfants réfugiés ont pu bénéficier de la scolarisation durant l'année scolaire écoulée.

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