Fraternité Matin (Abidjan)
Landry Kohon
23 Juin 2009
Abidjan — Depuis un moment, circule sur le net et sur support C.D un enregistrement vidéo pornographique présentant à visage découvert une femme d'une quarantaine d'années en pleines relations sexuelles avec un homme, dont le visage reste caché. Saisie des faits, qu'elle qualifie d'outrage public à la pudeur, la justice, à travers le parquet d'Abidjan, estime que le délit est imputable au premier chef à l'auteur de la diffusion de l'enregistrement sur l'internet. En vue de retrouver ce dernier, l'affaire a été mise en citation directe pour permettre aux enquêteurs de la police judiciaire de situer toutes les responsabilités pénales.
Dupliqué sur des CD vidéo par des affairistes avides de gain facile, cet enregistrement, attentatoire aux moeurs, est vendu malheureusement, dans les rues d'Abidjan et à la Sorbonne au Plateau.
C'est donc atteinte dans son intimité et dans sa dignité que dame Zogbé Marie-Laurence, car c'est d'elle qu'il s'agit, a porté plainte au parquet d'Abidjan contre son amant de partenaire qui n'est autre que M. Ossepe Rigobert, directeur de communication et marketing à la Caisse nationale des caisses d'épargne (ex-Cecp) au Plateau.
Arrêté par la police criminelle et déféré devant le parquet, le mis en cause, tout en reconnaissant avoir effectivement réalisé l'enregistrement, avec le consentement de sa partenaire de plaignante, nie sa responsabilité dans la mise sur l'internet du film. La confrontation entre l'homme et la femme a établi qu'ils étaient, tous deux, consentants à ce que Rigobert enregistre leurs ébats amoureux.
D'ailleurs, le couple se donnait du plaisir à visionner leurs prouesses qu'ils commentaient, après chaque rapport. Etant entendu que Marie-Laurence et Rigobert travaillant dans le même service, avaient, en plus de leurs relations amoureuses, des rapports professionnels. L'homme étant le supérieur hiérarchique de la femme.
Au regard de la loi, il ne saurait y avoir de délit entre un homme et une femme, tous deux majeurs et qui s'engagent dans des relations sexuelles qu'ils se donnent le luxe d'immortaliser par des photographies ou par un enregistrement, tant que cela est fait dans l'intimité, en dehors de tout regard extérieur.
Il n'y a pas d'infraction à la loi pénale tant qu'il n'existe pas de mariage légal entre l'un et l'autre avec un conjoint autre que le partenaire. Le délit pénal vient plutôt du fait que l'enregistrement obscène ait été mis au contact du grand public à travers l'Internet. C'est pourquoi, Ossepé Rigobert, avait été arrêté pour répondre aux enquêteurs dans la recherche de la vérité, puis remis en liberté.
En attendant l'aboutissement de l'enquête judiciaire, la direction de l'ex-Cecp où exerce le couple sur la sellette, a pris des mesures conservatoires contre Ossepé Rigobert. De directeur de communication et marketing, l'homme a été rétrogradé au poste de conseiller technique.
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