Franck Dally
24 Juin 2009
interview
Monsieur le Président, quels sont les points de satisfaction que vous dégagez de ces deux sommets .
Aujourd'hui, je suis très satisfait d'avoir assisté à ces deux réunions parce que depuis que je suis chef d'Etat, c'est la première fois, à mon avis, qu'un sommet de la CEDEAO est très concret. On est pas resté dans les proclamations de principe.
J'ai présenté un rapport sur les infrastructures et l'énergie que bien attendu, mes ministres ont préparé avec l'ensemble des ministres de l'Energie de la CEDEAO. Nous avons eu plusieurs réunions à Yamoussoukro et à la suite du rapport nous avons fait une recommandation forte, à savoir, qu'on ne vous aidera pas si nous-mêmes nous ne commençons pas à nous aider.
Nous avons proposé la création d'un fonds pour le développement des infrastructures et de l'Energie. Ce Fonds a été accepté et cela me réjouit énormement. Parce qu'à partir de là, nous allons étudier et voir la mise en application pratique dans les semaines et les mois à venir.
A partir de ce moment si nous disposons d'un fonds, nous pouvons emprunter aux institutions financières extérieures pour nos travaux d'infrastructures. Mais si nous n'avons rien, que nous disons aux gens venez nous aider, ils finiront par ne plus nous prendre au sérieux. Telle est la satisfaction que je retire du premier sommet qui est le sommet ordinaire.
Pour le second sommet, c'était une réunion spéciale entre la CEDEAO et l'Espagne, l'Espagne qui veut peaufiner sa coopération avec la CEDEAO. Nous avons accueilli sa démarche de façon positive. Il nous a proposé des domaines d'intervention et nous sommes très content.
Monsieur le Président, le président du gouvernement José Luis Zapatero a affirmé que l'Espagne ne vient pas pour s'imposer mais plutôt pour un partenariat avec les Etats de la CEDEAO.
Vous savez, c'est une déclaration qui est bonne. Elle est utile. Mais dans la zone CEDEAO, il n'y a pas d'ancienne colonie espagnol et c'est une bonne chose. Parce que les réflexes des pays européens sont différents quand ils ont été colonisateurs d'une zone ou de certains pays de la zone.
L'Espagne n'a pas été du tout colonisateur d'aucun pays de la CEDEAO. Nous discutons donc librement et tranquillement, il n'y a donc pas de problème. Ce partenariat est donc un vrai partenariat.
La question du Niger est préoccupante sur le plan politique
Sur le plan politique, nous avons naturellement posé la question. A leur réunion, les ministres qui se sont réunis en séance avant nous, se sont inquiétés et nous, avec eux, de la situation du Niger.
Le premier ministre du Niger, qui conduisait la délégation du Niger, nous a affirmé que rien d'anticonstitutionnel ne se passe au Niger et que toutes les procédures sont des procédures constitutionnelles et que le président de la République du Niger n'a pas du tout l'intention d'outrepasser les procédures constitutionnelles. Nous nous en sommes réjouis et nous observons l'évolution de la situation.
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