L'Express de Madagascar (Antananarivo)
Francis Ramanantsoa
25 Juin 2009
L'affaire ne sera pas jugé à Madagascar. La Justice malgache a donné une suite favorable à la demande de son homologue française.
Olivier Delpierre a quitté, mardi 23 juin dans l'après-midi, la prison centrale de Toliara pour être extradé vers la France. Il y sera jugé pour le meurtre de sa compagne, Anne Van Boxel, le 22 octobre 2007 à l'hôtel Plazza, là où le couple avait passé plusieurs jours afin de préparer la première édition de Malagasy Cup.
Pour rappel, ils ont organisé ensemble cette course d'embarcations traditionnelles à voile le long de la côte vezo, au Sud-ouest de Madagascar. Malheureusement, un sort impitoyable s'est abattu sur le couple le soir de l'arrivée de la première étape à Toliara.
Au cours d'une simple dispute conjugale après une soirée bien arrosée, ils s'en sont venus aux mains, causant accidentellement la mort d'Anne Van Boxel, et par la suite, l'incarcération d'Olivier Delpierre le 24 octobre 2007.
L'instruction a été clôturée en septembre 2008 et la Chambre d'accusation du tribunal de Toliara a fixé l'audience du procès devant la Cour criminelle ordinaire pour le 10 décembre 2008. Mais l'affaire a été renvoyée à la prochaine session.
Entre-temps, l'Etat français a formulé une demande d'extradition auprès du ministre de la Justice de Madagascar. Olivier Delpierre a alors été notifié et auditionné le 6 mai 2009 auprès du Tribunal correctionnel de Toliara. Celui-ci a rendu un avis favorable à cette demande.
Convention
Après les formalités d'extradition effectuées par deux agents de la police française mardi, Olivier Delpierre a été transporté a bord d'un vol régulier d'Air Madagascar vers Antananarivo afin de prendre une correspondance pour la France dans la soirée.
L'avocat de l'inculpé, Me Bien-Aimé Andrianarison, est sorti de sa réserve pour crier au scandale à propos de certaines zones d'ombre entachant cette extradition.
« En droit positif malgache, du moment qu'une infraction a été commise par un Malgache ou par un étranger à Madagascar, au préjudice d'un Malgache ou d'un étranger, l'infraction est régie par la loi pénale malgache », explique-t-il.
Il s'appuie sur l'article 7 de l'annexe III de la Convention sur les affaires judiciaires dans les accords de coopération franco-malgache du 4 juin 1973. Plus explicitement, l'extradition est refusée si les infractions ont été commises en tout ou partie sur le territoire de l'Etat requis.
« C'est dommage que notre ministère de la Justice ait accordé la remise de mon client aux autorités de la République française. Il est temps que l'Etat malgache affirme son indépendance et confirme sa souveraineté », martèle l'avocat d'Olivier Delpierre.
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Pauvre avocat ...Il se faisait encore des illusions... Depuis quand Madagascar est un Etat de droit ? Pas depuis le coup d'Etat en tout cas .