Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)
24 Juin 2009
Dakar — Le groupe "Les frères Kété et Mbaye" est fin prêt pour participer à la troisième édition du Festival mondial des arts nègres (FESMAN), prévu en décembre prochain à Dakar, ont confié à l'APS Antoine et Antonin Kété.
"Nous sommes prêts" pour le FESMAN, ont indiqué les jumeaux Antoine et Antonin, respectivement pianiste et violoncelliste du groupe de musique classico-africaine qu'ils forment avec le batteur de djembé Abdoulaye Mbaye.
Les deux musiciens, qui avaient participé à la première édition du FESMAN organisée dans la capitale sénégalaise en avril 1966, disposent pour cela d'un trésor constitué de 200 titres.
Antoine et Antonin ont souligné que le prochain FESMAN constitue la vitrine idéale pour faire connaître un répertoire qu'ils ont commencé à alimenter depuis 1959.
Selon eux, il leur reste seulement de choisir, parmi les différents titres de ce répertoire, des oeuvres qui peuvent coller au thème de la renaissance africaine, qui sera au menu de la manifestation.
Antoine et Antonin Kété disent avoir au sein de leur répertoire des rapsodies sénégalaises, une Berceuse togolaise, des chants et danses de l'Afrique noire, des variations symphoniques sénégalaises, des études ivoiriennes, des chants et danses du Bénin, etc.
Sénégalais de coeur, les frères Kété, Togolais d'origine et de naissance, ont été recueillis à Dakar par les sopeurs de l'Immaculée Conception et baptisés à Sacré-Coeur.
Dès le berceau, ils ont été initiés à la musique classique par une soeur, Marie Monique, qui chantait les airs des grands maîtres, et un prêtre qui jouait de l'orgue.
Les jumeaux seront par la suite comme confirmés dans leur vocation après des études musicales effectuées à Dakar, puis en France, notamment au Conservatoire national de Versailles.
Il s'en est suivi 15 autres années d'initiation, sous l'influence de grands maîtres violoncellistes (André Navarra, Reine Fiachot et André Lévy) et pianistes (Digat, Alfred Corthot et Thiberge).
"Je pensais que les frères Kété, c'était un mythe", avait lancé le premier président Léopold Sédar Senghor, en allant à la rencontre des frères Kété, après les avoir vus à l'oeuvre. De fait, Antoine et Antonin, 70 ans, se plaisent aujourd'hui d'avoir tordu le cou à tous les clichés selon lesquels le Noir serait incapable de jouer de la musique classique.
Ils sont tout autant fiers des termes qu'un article élogieux que leur a consacré plaisent de la même manière à rappeler les termes d'un article élogieux que leur a consacré, en 1972, un journaliste ivoirien : "Que d'émotions d'entendre de la musique africaine traditionnelle métamorphosée par des Africains en +musique de chambre !".
Les frères Kété se présentent aujourd'hui comme les représentants légendaires et des avocats infatigables du concept de musique classico-africaine, un moyen d'aller à la redécouverte d'un patrimoine musical africain pour l'occasion calibré et nouvellement dimensionnée.
"On pense souvent que la musique classique est une musique élitiste, destinée au seul public occidental. Il n'y a pas de raison pour que la richesse de cette musique reste fermée au public africain, car c'est un produit de la race plutôt que de l'individu", écrivent les jumeaux Kété dans une adresse aux mélomanes et amis de la musique.
"Si l'on ait que la musique classique est une musique faite à partir de la chanson populaire, elle est donc accessible à tous car chaque peuple a sa chanson populaire. C'est un instinct universel que celui de s'exprimer en musique pour soi et pour les autres", expliquent Antoine et Antonin.
"Pour nous, à côte des oeuvres des grands maîtres (classiques, NDLR), il nous faut enrichir ce patrimoine universel par l'apport et la présence de l'Afrique, par des compositions inspirées de la chanson populaire africaine, du riche patrimoine folklorique traditionnel", ajoutent le pianiste et le violoncelliste.
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