Alliance Nyobia
25 Juin 2009
Une fourniture d'accès meilleur marché entraînerait un flot de retombées positives.
Joseph D., ingénieur en télécoms et fournisseur d'accès à Internet installé à Yaoundé depuis une dizaine d'années, y croit mordicus. Le grand public, l'environnement des affaires et même l'Etat camerounais ne bénéficient pas de manière optimale de la manne Internet. Raison, le coût d'accès dont s'acquittent les gros (et moins gros) distributeurs locaux reste trop élevé à son goût. « Le mégabit [unité de flux disponible, Ndlr] à l'heure actuelle coûte 200 000 francs par mois au Gabon, et environ 150 000 francs par mois au Sénégal. Au Cameroun, il tourne autour du million de francs. C'est trop ! », estime-t-il. Evidemment, le prix d'achat se ressent dans celui de la vente. Et si les coûts ont relativement baissé ces dernières années pour le consommateur final d'Internet, des pas supplémentaires peuvent être franchis.
« La baisse des prix amèneraient de nouvelles personnes à surfer, et inciterait peut-être les internautes d'aujourd'hui à passer plus de temps sur la Toile », explique François M., responsable d'un Isp (Internet Service Provider). Il y voit la possibilité d'atteindre une masse critique utile à plus d'un titre. « Imaginez 300 ou 400 000 personnes régulièrement sur le Net. Cela représente un marché virtuel qui pourrait attirer des banques et d'autres entreprises soucieuses de publicité ( ) De plus, avec une Toile plus élargie, on assisterait probablement à la création de nouveaux emplois, de type services », argumente-t-il. En d'autres termes, un cercle vertueux se mettrait en route, impulsé par la spirale ascendante des effets positifs.
Quels obstacles à une telle baisse des prix ? Au contraire, il semblerait avantageux pour tous que davantage de Camerounais profitent d'Internet dans ses multiples applications (téléconférence, télémédecine, agriculture, formations en ligne, etc.). Cependant, des préalables existent, notamment en termes d'infrastructures. D'après un cadre de l'administration spécialiste en télécoms, « les investissements lourds que l'Etat a consentis, notamment pour la fibre optique, n'ont pas encore été rentabilisés ». Notre cadre pense néanmoins que la baisse est possible maintenant, si l'Etat veut allonger la période de retour sur investissement ». De plus, il suggère que la loi sur les télécoms « qui date de 1998 » soit révisée pour introduire de nouveaux acteurs, qui pourraient s'investir dans le développement du réseau en fibre optique (support le plus fiable à l'heure actuelle). « De lourds investissements sur des normes définies au préalable induiraient un meilleur rapport qualité/prix. Si les infrastructures sont plus performantes, alors les prix pourront baisser sensiblement ». Voyons ça.
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