25 Juin 2009
Port Louis — Visqueux, avec une robe sombre parsemée de petits pics. L'holothurie, aussi connue sous le nom de concombre de mer ou de bambara à Maurice, est menacée. Selon la Food & Agricultural Organization (FAO), l'exploitation de cet invertébré marin a été catastrophique ces cinq dernières années. Les autorités qui ont conscience des opportunités économiques qu'offre l'exploitation du bambara s'attèlent depuis 2006 à la mise en place de mesure pour une gestion raisonnée en parallèle à des études sur les stocks disponibles.
Malgré cela, la collecte illégale et intensive de bambara continue. Agaléga et Rodrigues ne sont pas épargnées et la surveillance y est moins forte qu'à Maurice, qui souffre déjà de la surexploitation des concombres de mer.
Pour Vasen Kauppaymoothoo, océanographe, il faut tout bonnement interdire l'exploitation des concombres de mer. Il faut dire que pour les consommateurs asiatiques, le trépang qu'on tire du bambara est assimilé à du caviar. Les stocks de concombres de mer ont drastiquement baissé en Asie si bien que les pêcheurs taïwanais ou chinois se tournent vers le sud-ouest de l'océan Indien.
Le bambara coûte plus de 20 euros (Rs 800) le kilo. Le pêcheur peut en tirer 5 euros (Rs 200) alors que le kilo de trépang (peau du bambara, seule comestible) se vend près de 120 euros le kilo en Chine. On comprend pourquoi certains n'hésitent pas à collecter les bambaras malgré les interdictions.
Les conséquences sont, en fait, multiples. La raréfaction des concombres de mer dans les lagons a un impact direct sur l'écosystème marin surtout au niveau des embouchures de rivières.
Le bambaras filtre l'eau et le sable, ce qui permet d'oxygéner le lagon. Dans le pire des cas, le lagon risque la nécrose. Côté humain, c'est toute une chaîne de travailleurs parfois exploités qui se met en place, ce qui profite à un petit groupe d'exportateurs.
Le député Jean-Claude Barbier compte soulever la question au Parlement. Le bambara est loin de n'être qu'un animal visqueux. C'est une mine d'or. Mais entre opportunités de mise en place d'une filière nouvelle et souci écologique, il faudra trancher, au moins dans un premier temps, avant de peut-être réussir à imposer une gestion raisonnée de cette ressource.
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