Sidwaya (Ouagadougou)

Afrique de l'Ouest: Le dialogue contre les rapatriements forcé

Séraphine SOME serasome@yahoo.fr

26 Juin 2009


172 milliards de F CFA pour lutter contre l'immigration clandestine, telle est la contribution de l'Espagne pour juguler ce problème en accord avec les Etats membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Ce fonds, selon le Premier ministre espagnol José Louis Zapatero, devrait servir à financer des projets de développement à même de fixer les jeunes dans leurs terroirs et à améliorer leurs conditions de vie. Une initiative salutaire, étant donné que c'est le plus souvent le manque d'emploi, le chômage avec ses corollaires en l'occurence la pauvreté, la misère, etc. qui jettent de nombreux jeunes sur les routes de l'immigration. Ce, en dépit de tous les risques. Et actuellement, l'immigration clandestine a pris une proportion telle qu'elle préoccupe aussi bien les pays des candidats à l'immigration que ceux d'accueil.

En Afrique, on assiste impuissant au départ massif de jeunes pour qui l'Europe ou d'autres continents sont la solution à leur problème. Ils sont prêts à franchir les barrières à leur projet d'immigration au péril même de leur vie. Ainsi, nombre de jeunes prennent-ils des embarcations de fortune pour rallier la France, l'Espagne, l'Italie, etc. Lorsqu'ils ne sont pas dévorés par les requins, noyés ou tués par les passeurs, ils y arrivent épuisés et meurtris pour affronter d'autres problèmes liés à leur situation de clandestins. Et c'est avec désolation et indignation que l'on suit à travers les médias le rapatriement de nombre d'entre eux. La dernière en date a été le rapatriement musclé d'un Africain (probablement sénégalais) d'Espagne.

Traité comme un animal les mains et les pieds liés, les policiers qui le rouaient de coups sous le regard des passagers indignés de la compagnie Ibéria voulaient le rapatrier au Sénégal. En Espagne, cette tragédie a suscité réprobation et condamnation. Quoi qu'il en soit, sa démarche qui a consisté à rencontrer les chefs d'Etat africains afin de trouver les meilleures stratégies à même de lutter efficacement contre l'immigration clandestine est à saluer. Les méthodes unilatérales matérialisées à travers le durcissement des conditions d'accès aux différents pays, l'instauration des cartes de séjour, les rapatriements ayant d'ailleurs montré leur limite. L'initiative de la péninsule ibérique vient allonger la liste d'autres, consistant à traiter le problème de l'immigration dans le dialogue et la concertation.

En 2008, le Burkina Faso a signé, à l'instar d'autres pays comme le Gabon, le Congo et le Bénin, un accord avec la France sur la gestion des flux migratoires valable pour trois ans. L'accord qui s'inscrit dans la lutte contre l'immigration clandestine prévoit la mise en place d'un observatoire des flux migratoires et le développement de projets dans différents secteurs économiques dans les pays signataires. Il faut cependant espérer que les différents financements parviennent aux populations cibles ou que les fonds soient injectés dans les secteurs visés afin que les initiatives produisent les effets escomptés.

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