Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Respect des normes d'hygiène - Les restauratrices de rue à l'école de l'Ong Enda

Paule Kadja Traore

26 Juin 2009


Dans le cadre de la mise en oeuvre de son programme d'appui aux femmes intervenant dans l'alimentation de rue et transformatrices des produits locaux, l'Ong Enda Graf Diapol a organisé hier, une journée de plaidoyer en faveur des actrices de ces secteurs d'activités. Soixante pour cent des actifs à Dakar prennent au moins un repas par jour auprès des femmes préparatrices d'aliments.

Adaptés en termes d'offre aux besoins de consommateurs urbains à faible pouvoir d'achat, les restaurants de rue servent principalement des populations pauvres. Mais ils induisent également des effets de santé publique importants, par les conditions sanitaires de préparation et de vente des aliments.

Malgré son importance, la restauration de rue n'est pourtant pas considérée comme un véritable secteur d'activité économique. Aucune politique publique ne soutient son développement ni ne réglemente son organisation.

La restauration de rue n'est pas, non plus, considérée comme une filière professionnelle spécifique, porteuse d'emplois pour les jeunes. Il n'existe pas à ce jour de statut d'apprentissage en restauration de rue ni de formation spécialisée.

Dans le souci de remédier à ce manquement, l'Ong Enda Graf Diapol a organisé hier, une journée de plaidoyer en faveur des femmes actrices de l'alimentation de rue et transformatrices des produits locaux.

La présidente du collectif des associations de femmes intervenant dans ces secteurs d'activités, Mame Yacine Diouf, a relevé 'le manque d'hygiène et de qualité dans les aliments de rue, ce qui expose les consommateurs à de graves maladies pouvant conduire au décès'.

C'est pourquoi elle s'est félicitée des actions de l'Ong Enda Graf Diapol à travers notamment la mise en place d'un programme spécifique pour la formation des membres et la dotation en matériels des restauratrices.

La coordinatrice du projet, Fatou Ndoye, s'est appesantie sur le caractère socio-économique de l'activité de la restauration de rue à laquelle s'adonnent des milliers de femmes.

Des actrices qui en font leur gagne-pain, mais ignorent quelquefois les bonnes règles d'hygiène. 'Avec leurs connaissances parfois sommaires, ces vendeuses d'aliments divers assurent quotidiennement l'alimentation de milliers de personnes. Du même coup, elles génèrent des millions de francs Cfa de recettes pour nos villes', a laissé entendre la coordinatrice.

Le maire de la ville de Dakar, Khalifa Sall, a salué l'initiative d'organiser pareille journée qui devrait contribuer à améliorer les conditions dans lesquelles sont préparés, vendus et servis les aliments de rue.

Il a ensuite encouragé les actrices à entretenir la dynamique de solidarité née sous l'instigation de l'Ong Enda Graf Diapol. Des stands d'exposition de mets variés, tout comme des exposés sur la restauration de rue dont les femmes constituent, selon les statistiques, 80 % des acteurs, étaient inscrits au programme de la journée de plaidoyer.

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