Moustapha Barry
26 Juin 2009
Reçue en audience par Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la coopération et à la Francophonie, Mme Maïmouna Sourang Ndir salue l'accord sur la gestion concertée des flux migratoires entre le Sénégal et la France. Dans une rencontre qualifiée de 'chaleureuse et sympathique', l'ambassadrice du Sénégal en France souligne que cet accord démontre que les deux pays peuvent 'dialoguer, communiquer et travailler ensemble'.
Hier, l'Ambassadrice du Sénégal en France, Maïmouna Sourang Ndir a été reçue par le secrétaire d'Etat à la coopération, Alain Joyandet. Au menu de l'audience, l'ensemble des 'dossiers essentiels' qui lient le Sénégal à la France. Parmi lesquels, il y a la question de la santé, informe le service de presse du secrétariat d'Etat à la coopération.
Même si beaucoup de détails n'ont pas filtré concernant ce domaine, l'on sait que la France est un soutien important pour l'hôpital Principal, qu'elle gérait, d'ailleurs, jusqu'à une période récente.
Selon la chargée de presse et de communication, Mme Guyonne de Montjou, Maïmouna Sourang Ndir s'est dite 'satisfaite' de l'accord de coopération sur la gestion concertée des flux migratoires entre le Sénégal et la France.
Un accord, en effet, signé en septembre 2006 par les deux pays. D'ailleurs, le président français, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur avait qualifié l'accord d"historique'.
Car c'était pour la première fois que le Sénégal et la France, estimait-il, allaient travailler en étroit partenariat pour organiser les migrations dans toutes leurs dimensions, à savoir la gestion des flux d'immigration régulière, la lutte contre l'immigration clandestine et l'association entre émigration et aide au développement.
Pour Mme Sourang, cet accord facilite l'immigration sénégalaise en France. Notamment les hommes d'affaires, les artistes et les intellectuels. Si l'on en croit Mme de Montjou, l'ambassadrice du Sénégal a indiqué que cet accord sur la gestion concertée des flux migratoires va 'accélérer l'accès au visa des Sénégalais qui postulent pour les 54 types d'emplois' réservés par la France au Sénégal.
Maïmouna Sourang Ndir a également soutenu que cela 'prouve que le Sénégal et la France peuvent dialoguer, communiquer et travailler ensemble'. Mais Mme de Montjou a tenu à préciser qu'il n'a pas été question d'argent durant cette rencontre, comme l'aurait suggéré la situation économique du Sénégal avec un déficit budgétaire abyssal.
'Il n'y a pas eu de demande formelle d'argent', informe la chargée de presse et de communication au secrétariat de la Coopération et de la Francophonie. Surtout qu'Alain Joyandet a annoncé le versement de la première tranche d'un prêt exceptionnel de 125 millions d'euros de l'Agence française de développement au Sénégal. Un prêt destiné à l'apurement des créances domestiques dues par l'Etat sénégalais.
En tout état de cause, l'accord sur la gestion concertée des migrations entre le Sénégal et la France prévoit la création d'un Observatoire général des flux migratoires, un visa de circulation valable cinq ans - qui permettra notamment aux hommes d'affaires et aux artistes de voyager plus librement -, ainsi que l'établissement de prévisions chiffrées de délivrance de visas.
Dans son volet de lutte contre l'immigration clandestine, 'la France et le Sénégal s'engagent à reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière et à mettre en oeuvre une coopération policière accrue', précise ledit accord.
Pour le volet études, 'la France va accueillir en priorité des étudiants sénégalais dans les secteurs dont le Sénégal a besoin. Ils pourront travailler en France, mais s'engageront à rentrer chez eux pour éviter la fuite des cerveaux'. Ceux-ci peuvent bénéficier d'un titre de séjour d'une durée de trois ans, appelé aussi 'Carte Talent'.
Au moment où Maïmouna Sourang Ndir exprimait toute sa satisfaction au secrétaire d'Etat chargé de la coopération et de la Francophonie, Alain Joyandet, à Bruxelles, le président Abdoulaye Wade a tiré à boulets sur le Pacte européen de l'immigration qu'il accuse de vouloir attirer les cadres africains au détriment de leurs pays respectifs.
Et pourtant, l'accord sur la gestion concertée de l'immigration, signé entre la France et le Sénégal, ne fait pas autre chose que d'encourager la fuite des cerveaux avec la 'Carte Talent', notamment.
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