Kinshasa — La situation humanitaire continue à se dégrader dans la partie orientale du pays, à cause des attaques perpétrées par les FDLR et la LRA contre les populations civiles appelées à l'errance. Une situation qui empêche les humanitaires à secourir les déplacés.
Au cours de la conférence de presse de la Monuc tenue, le mercredi 24 juin, Nestor Yombo-Djema, chargé des affaires humanitaires à Ocha a confirmé que « pour la cinquième fois depuis le mois d'avril, une attaque suivie de pillage des biens distribués aux déplacés a eu lieu dans le Haut-Uélé, notamment à Djabir, près de Faradje ». A la date du 22 juin, 12.175 personnes déplacées ont été enregistrées à Dingila, dans le Bas-Uélé. Ce chiffre représente une augmentation de 87 % de la population de cette localité qui comptait jusque-là 14.000 habitants.
L'accès des humanitaires pour venir en aide aux populations locales s'est avéré difficile, à cause de la présence de la LRA sur l'axe Faradje-Watsa, selon ce cadre de Ocha qui a indiqué que ces miliciens ont procédé au pillage des voyageurs. Par ailleurs, en Ituri, la présence des miliciens de FPJC/FRPI dans le territoire d'Irumu nuit à certaines interventions humanitaires qui ont été appelés à une plus grande prudence dans la zone.
Dans le Sud-Kivu, Nestor Yombo a rappelé les pillages et incendies des maisons par les FDLR dans les territoires de Kalehe, Kabare et indiqué que 4.356 ménages déplacés manquent de vivres à Shabunda. Le PAM envisage de distribuer des rations alimentaires par voie aérienne étant donné que les localités de ce territoire sont inaccessibles. Le PAM sollicite par conséquent, l'appui de la Monuc pour assister ces populations vulnérables.
Par ailleurs, Ocha signale que des déplacés ont bloqué cette semaine l'axe Sake-Kitchanga, au niveau de Kirolirwe en territoire de Masisi au Nord-Kivu. Ils exigent des humanitaires une assistance en vivres. Mais, a renchéri le délégué de Ocha, en raison des conditions sécuritaires dues aux opérations militaires Kimia II, les humanitaires ne peuvent pas y accéder. De même, les acteurs humanitaires ne peuvent pas accéder au sud de Lubero suite aux incursions récurrentes des FDLR dans cette région.
Enfin, il a relevé qu'en territoire de Rusthuru, des exactions des éléments FARDC contre les populations civiles se poursuivent et que les militaires intégrés n'ont toujours pas reçu les arriérés de leurs soldes.

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