Gabonews (Libreville)
André-Yves Mbongo'o
26 Juin 2009
Libreville — Les représentants des diverses composantes de la Société civile gabonaise ont réfuté une longue prolongation au-delà de la marge prévue par la Constitution pour l'organisation des élections présidentielles, à l'issue des concertations tenues ce vendredi, au Palais présidentiel de Libreville, avec le Chef de l'Etat par intérim, Rose Francine Rogombé.
Il en ressort, aux dires des principaux représentants d'Associations, Syndicats et Confessions religieuses, que la Société civile souhaite des élections libres, transparentes et crédibles avec un « prolongement raisonnable » du délai de la tenue de la présidentielle au Gabon, dans le sillage des « cas de force majeure » prévus par la loi fondamentale , mais pas sur une longue durée. En marge de la tenue des prochaines consultations électorales, le secteur de l'Education nationale a surtout attiré l'attention du Chef de l'Etat et du gouvernement sur l'année scolaire, suffisamment tronquée, alors que de nombreux examens de fins d'années attendent encore d'être organisés jusqu'à ce jour. «Au niveau de la conduite à tenir pour les élections, nous n'avons pas voulu nous attarder sur les délais, étant entendu qu'il est clair que la Constitution stipule qu'en cas de force majeure, les délais peuvent être prolongés.
Mais en ce qui nous concerne au niveau de la Convention Nationale des Syndicats du Secteur de l'Education (CONASYSED), nous avons des inquiétudes par rapport aux examens », a affirmé Fridolin Mve Messa, président de l'USAP et modérateur de la CONASYSED. « NOUS NE VOULONS PAS D'UNE ANNEE BLANCHE » « Nous avons estimé que l'on parle beaucoup d'élections mais le Certificat d'études primaires (CEP), l'Entrée en 6è, le Bac et tous les autres examens ne sont pas encore passés. Nous ne voulons pas que nos jeunes passent une année blanche, et le Premier ministre a apporté un éclairci en disant que les élections peuvent se tenir pendant que les élèves passent leurs examens, comme ailleurs », a-t-il ajouté. Si tous les représentants de la Société civile s'accordent sur une prolongation raisonnable des délais prévus par la loi en vue de l'élection du nouveau président de la République après le décès de Feu Bongo Ondimba et de l'application effective des dispositions constitutionnelles, certains s'intéressent davantage aux questions liées au nettoyage du fichier électoral pour des besoins de transparence. « Vu la contestation, nous espérons avoir été compris.
Il appartient maintenant à l'administration, comme le Premier ministre l'a dit, de faire son travail. J'ai dit que le problème se situe au niveau du fichier électoral. Si tous les gabonais se retrouvent dans le fichier électoral, s'ils retrouvent tous leurs noms, on peut aller aux élections même demain. Mais si dans un mois ou deux il y a encore contestation, il faut assumer cela. On a le temps de se retrouver comme on l'a fait à la Conférence nationale ou aux Accords de Paris, il y a un problème national qui se pose pour le résoudre toutes les forces vives de la Nation doivent se retrouver pour le résoudre », a martelé Marc Ona, Président de l'ONG environnementaliste Brainforest et Coordonnateur de Publish What You Pay (PWYP) Gabon. « Ce n'est pas forcément un problème de délai, c'est un problème de travail de l'administration et donc du ministère de l'Intérieur qui doit prendre toutes les dispositions.
Il faut surtout tenir compte des réalités qui font qu'il y ait systématiquement des contestations durant les consultations électorales : les doublons et des personnes qui votent dans plusieurs localités le Gabon est capable d'organiser des élections transparentes et crédibles qui arrangeront tout le monde », a-t-il poursuivi. PRESIDENTIELLE TRANSPARENE ET CREDIBLE Après la rencontre avec la classe politique de la Majorité présidentielle lundi dernier et le conciliabule avec l'opposition nationale mercredi, Mme Rose Francine Rogombé a poursuivi les concertations avec les forces vives de la nation, avant que la Cour Constitutionnelle ne rende officiel le calendrier électoral, au terme de ce processus. « Le gouvernement a soumis, pour ce sui concerne l'administration, à la très haute attention de madame le président de la République, un avant-projet de chronogramme des opérations électorales conforme aux dispositions constitutionnelles pertinentes », souligne le communiqué final du Conseil des ministres présidé jeudi par madame Rose Francine Rogombé. Le texte précise qu'à « ce sujet, Madame le président de la République a donné des instructions fermes au gouvernement pour qu'il prenne toutes les dispositions nécessaires afin que l'administration se déploie de manière conséquence, en période particulière et redouble d'effort pour la réussite de l'organisation d'une élection présidentielle transparente et crédible ».
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