Le Potentiel (Kinshasa)

Niger: Dérive dictatoriale - Mamadou Tandja seul contre tous les démocrates

Pierre Emangongo

29 Juin 2009


Kinshasa — Le référendum sur une nouvelle constitution aura bien lieu, a annoncé hier dimanche 28 juin le ministre nigérien de l'intérieur Albadé Abouba qui a menacé l'opposition après ses déclarations sur un "coup d'Etat" du président Mamadou Tandja. "Le scrutin (du 4 août) aura bel et bien lieu. Tous les scrutins programmés cette année (législatives et présidentielle) auront lieu", a insisté le ministre lors d'un point de presse.

Quant à la commission électorale nationale indépendante (Céni), qui avait "zappé" le référendum voulu par le président et seulement convoqué les électeurs pour des législatives le 20 août, M. Abouba a, selon l'AFP, jugé qu'elle n'a aucun droit d'apprécier l'opportunité d'un scrutin".

A noter le président dictateur , qui veut se maintenir au pouvoir au-delà de la limite légale de deux quinquennats consécutifs en décembre prochain s'est accordé, le vendredi 26 juin 2009, des "pouvoirs exceptionnels", invoquant l'article 53 (bien 53) de la constitution qui, lorsque "l'indépendance de la République est menacée", permet au président de gouverner par le biais d'ordonnances et de décrets.

Ceci lui permettra d'imposer le référendum sur une nouvelle constitution, un scrutin qui avait été refusé le 12 par la Cour constitutionnelle, plus haute juridiction du pays et dont les arrêts sans appel s'appliquent jusqu'au président. M. Tandja, qui a déjà dissous le parlement le 26 mai, avait demandé à la Cour de revenir sur son arrêt. Devant le refus de cette dernière il s'est arrogé ces "pouvoirs exceptionnels".

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Interrogé sur la réaction de l'opposition, regroupée au sein du Front de défense de la démocratie (FDD), qui a dénoncé un "coup d'Etat" de Mamadou Tandja, M. Albouba s'est montré menaçant: "C'est une grave erreur d'expression. Ceux qui ont fait ces déclarations vont en assumer les conséquences", a-t-il déclaré sans plus de précision.

Comme on peut le constater, le président Tandja a pris le chemin de non retour. C'est ainsi l'Union africaine, l'Onu et la Cédéao , l'ancienne puissance colonisatrice, la France et les autres grandes puissances économiques devront soutenir l'opposition politique afin de sauver la démocratie nigérienne.

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