Le Manifeste culturel africain, initié par le Symposium du premier Festival culturel panafricain organisé en 1969 à Alger, se voulait un instrument au service d'un développement économique et social harmonisé du continent.
"L'africanité doit se garder d'une expression complaisante et stérilisante du passé, mais bien au contraire impliquer un effort novateur, une adaptation de la culture africaine aux exigences modernes d'un développement économique et social harmonisé", lit-on dans ce document initié sous l'égide de l'Organisation de l'unité africaine (OUA).
Selon le manifeste, la culture, "force décisive" dans le développement économique et social, constitue pour l'Afrique "le plus sûr moyen de rattraper son retard technique, donc économique".
La culture africaine, "fidèle à son authenticité doit se vivifier et s'actualiser au contact de la science et de la technique, car si la civilisation technicienne progresse par accumulation, la culture le fait par création et fidélité".
"Dès lors, il devient nécessaire et urgent de libérer l'Afrique de l'analphabétisme, de promouvoir une formation permanente des masses dans tous les domaines, de développer en elles un esprit et une attitude scientifique, technique et critique, de rendre la culture populaire effectivement opératoire", suggère entre autre le document.
Le manifeste propose, en ce sens, de faire des langues africaines des langues écrites et le véhicule de la pensée scientifique, d'assurer le libre-accès de tous les enfants d'Afrique à l'enseignement, l'alphabétisation des adultes et la promotion des femmes.
"Tout retard dans la refonte du système éducatif actuel a pour conséquence un retard dans la formation des cadres nationaux et justifie la poursuite de l'assistance technique et culturelle étrangère", souligne-t-il.
Dans cet effort gigantesque de récupération du patrimoine culturel de l'Afrique et d'adaptation aux exigences de la civilisation technicienne, l'artiste, le penseur, le savant, l'intellectuel ont un rôle qui est de contribuer dans le cadre d'une action de masse, à faire ressortir et connaître la communauté d'inspiration et le fonds commun qui constituent l'Africanité, selon cette source.
Le manifeste, initié il y a 40 ans, considère que l'Afrique, d'une manière générale, devra reprendre ses modes de connaissance, ses modes de communication et les actualiser aux fins d'en faire de puissants moyens de domination de la nature et du développement harmonisé de la société africaine.
Outre le rôle de la culture dans le développement économique et social de l'Afrique, le manifeste évoque aussi les réalités de la culture africaine et le rôle de la culture africaine dans la lutte de libération et l'unité africaine.

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