Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)
28 Juin 2009
Dakar — Ndongo D et Faada Freddy, les deux "frères" du Daara-J Family, ont offert vendredi soir à l'Institut français Léopold Sédar Senghor (ex-CCF), une belle prestation, partageant avec les mélomanes la richesse des pistes artistiques empruntées depuis bientôt un an.
Le single "Tomorrow", sorti il y a quelques mois, avait donné une idée de la nouvelle orientation que les deux compères ont donnée à leur carrière artistique entamée il y a une quinzaine d'années avec Lord Aladji Man qui n'est plus avec eux.
Très attendu pour son retour sur scène, le groupe n'a pas déçu le nombreux public qui s'est déplacé et qui a apprécié le spectacle proposé. Il y avait du reggae, de l'acoustique, du jazz, du rock, du dance-hall... Même si le fond rap/reggae qui a fait le succès est toujours présent, surtout dans la façon dont le texte est dit.
Des couplets du tube "Loxo Ca Kaw" joué sur un fond reggae, entonnés avec les fans, ont ouvert la soirée. Tout de blanc vêtus, Ndongo D et Faada Freddy étaient accompagnés d'un claviste, d'un guitariste, d'un bassiste et d'un batteur.
Le répertoire joué est ouvert à diverses influences - on l'a senti tout au long de la prestation. Le groupe réduit à deux a tiré profit de son vécu en proposant une belle orchestration. Le souci étant visiblement de montrer que les élèves de Daara-J ont bien grandi.
Entre appel à un changement des mentalités pour une prise de conscience (Yéewuléen Revolution) et odes quasi-spirituelles ("Baay Your Side" en hommage à Baay Niasse), Ndongo et Faada, prophétisent le réveil du peuple, celui qui a longtemps souffert des "gaffes" de ses dirigeants, chantent l'amour ("Love Is The Answer").
Les fans ont reconnu et entonné avec eux quelques classiques qui ont sonné, vendredi soir, comme des cris de ralliement : "Ma vie", "Exodus" (occasion condamner la violence dont l'émigré Massamba Seck a été victime de la part de policiers espagnols).
Les deux "frères", qui ont aussi fait observer une minute de silence à la mémoire du "Roi de la pop" Michael Jackson décédé la veille, ont su trouver la bonne formule pour faire découvrir leurs nouvelles créations, sans trop s'éloigner des petites recettes qui ont fait le succès de leurs spectacles passés.
Avec leur humour, ils dénoncé à leur manière la corruption, la "culture du paraître" des Sénégalais ("Waccal sa griffe"), chanté les souvenirs d'enfance dans lesquels les spectateurs ont retrouvé des refrains connus ("Temps bu yagg ba"), le culte du travail ("Bay sa waar"), la justice, l'égalité des droits...
Ils ont aussi partagé la scène. Ainsi Biba, Makkan J, Youmbou Man, Ombre Zion sont venus donner un coup de main au Daara-J Family qui prépare la sortie de son premier album. Le peuple du Hip-hop devrait y retrouver la plupart des morceaux joués vendredi soir à l'ex-CCF. Comme le concert, le disque est attendu.
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