L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Burkina Faso: Ruines de Loropéni - Enfin dans le patrimoine mondial

28 Juin 2009


C'est désormais effectif, le Burkina Faso rejoint les rangs des pays hébergeant des sites d'une valeur universelle exceptionnelle avec l'inscription, le vendredi 26 juin 2009 des Ruines de Loropéni sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. La décision vient du comité du patrimoine mondial, réuni pour sa 33e session à Séville en Espagne du 22 au 30 juin 2009, qui a statué au total sur 32 nouveaux biens présentés par 35 Etats parties prenantes à la Convention sur le patrimoine mondial. Le comité a également étudié les états de conservation de 178 sites déjà inscrits.

Avant la réunion de Séville, la Liste du patrimoine mondial était constituée de 878 biens « d'une valeur universelle exceptionnelle », dont 679 culturels, 174 naturels et 25 mixtes, dans 145 Etats parties.

Le Burkina Faso, le Cap-Vert et le Kirghizistan, dont les dossiers ont été examinés, ne possédaient jusque-là aucun bien figurant sur la Liste du patrimoine mondial. C'est donc dire toute la fierté et l'émotion qui animent l'ensemble des Burkinabè depuis l'annonce de l'inscription des Ruines de Loropéni sur la Liste du patrimoine mondial.

C'est le soulagement aussi, car le même dossier, soumis par le Burkina Faso en 2005, avait été rejeté pour compléments d'information, ce qui avait laissé plus d'une personne dans le doute. En effet, découvertes en 1902 par le lieutenant Henri Schwartz de l'armée française, les ruines de Loropéni furent considérées comme un mystère.

Pendant près d'un siècle, elles furent l'objet d'études et d'écrits scientifiques réalisés par des personnalités variées sans qu'il n'ait été possible de répondre à trois questions fondamentales : qui en sont les bâtisseurs ? Quelles ont été leurs fonctions ? Quand furent-elles construites ?

Pis, deux camps avaient fait jour au sein de la communauté scientifique ; ce qui pouvait mettre à rude épreuve le travail en direction de l'extérieur pour une reconnaissance des ruines de Loropéni.

Finalement, les choses sont entrées dans l'ordre avec la mise en place d'une équipe scientifique, pluridisciplinaire, coordonnée par le professeur Jean-Baptiste Kiethéga et chargée d'apporter des réponses scientifiques en vue de l'inscription des Ruines de Loropéni au patrimoine culturel mondial de l'UNESCO.

Ce collège de compétences diverses a donc pu approfondir la connaissance des valeurs et de la signification du site par des études et des fouilles ciblées des ruines et de leur espace intérieur afin d'établir, entre autres, le rôle et la fonction de Loropéni et son association avec le commerce transsaharien à destination des côtes de l'Afrique de l'Ouest.

Un travail énorme a donc été abattu ; et c'est tout à fait légitime si l'espoir était, entre-temps, revenu au sein du comité scientifique et de nos autorités lorsque le dossier a été déposé de nouveau le jeudi 29 janvier 2009 au Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO à Paris. C'est le lieu de féliciter l'ensemble des chercheurs et tous les partenaires qui se sont impliqués corps et âme pour l'inscription de ce bien culturel burkinabè.

Cela a été possible aussi grâce à l'Etat, à travers le ministère de la Culture, qui y a cru et s'y est investi. De Mahamadou Ouédraogo en passant par Aline Koala jusqu'à l'actuel chef du département de la Culture, Filippe Savadogo, chacun y a mis du sien, voire même de sa passion pour que ces Ruines obtiennent la reconnaissance mondiale.

Ce qui, au-delà de la solidarité internationale pour conserver le site, boostera davantage le tourisme dans notre pays. En plus, en disposant même d'un seul site, en attendant certainement de nouvelles batailles pour l'inscription d'autres comme les cases de Tiébélé, le faux départ du Mogho Naaba, les hauts fourneaux, etc., les Burkinabè peuvent s'enorgueillir.

Quid même des Ruines de Loropéni ? Ce premier site burkinabé est bardé de hauts murs et s'étend sur 11 130 m2. C'est la mieux préservée des dix forteresses que compte la région du Lobi. Il s'inscrit aussi dans un ensemble plus large qui compte une centaine d'enceintes en pierre, reflétant la puissance du commerce transsaharien de l'or. Vieilles d'au moins mille ans selon des découvertes récentes, ces ruines sont situées près des frontières du Togo et du Ghana.

L'emplacement a été occupé par les Lohron ou les Koulango, qui contrôlaient l'extraction et la transformation de l'or dans la région à l'apogée de cette exploitation aurifère (XIVe au XVIIe siècle).

Beaucoup de mystère entoure ce site dont une large part n'a pas encore été fouillée. Au cours de sa longue histoire, Loropéni semble avoir été abandonné à plusieurs reprises ; son abandon définitif est intervenu entre le début et le milieu du XIXe siècle. Ce site promet encore beaucoup d'informations.

Avec son conservateur, Dr Lacina Simporé, on s'attend à ce que les Ruines de Loropéni soit gérées de manière efficace et très prudente sous peine que des travaux quelconques n'entraînent un jour le retrait du site de la Liste du patrimoine mondial.

En effet, l'Allemagne l'a appris à ses dépens avec le retrait de la ville de Dresde de cette liste pour avoir construit un pont autoroutier à quatre voies qui, aux yeux de l'Unesco, défigure le paysage. Pour l'heure, le Burkina Faso a remporté une belle et grande victoire dans la préservation, la sauvegarde de son patrimoine culturel.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2009 L'Observateur Paalga. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Burkina Faso

Rubriques