Makon Ma Pondi
29 Juin 2009
Le rapport de l'ONG française qui fait les choux gras de certains médias à l'intérieur du triangle national n'est pas le premier du genre.
Des « révélations » savamment et massivement déversées sur l'opinion avec un casting qui ne tient nullement du hasard, fleurissent périodiquement au gré des échéances politiques diverses. La cible et les objectifs à atteindre étant minutieusement choisis afin de capitaliser au maximum le retentissement des « informations » relayées. En somme, une logique de combat qui fait appel à toutes sortes d'arguments, de recettes et d'artifices plus proches du combat politique que de la déontologie journalistique. Y compris les coups en dessous de la ceinture
Pensez donc : la vie politique nationale est rythmée depuis de long mois par une recrudescence de la lutte contre les atteintes à la fortune publique. Avec notamment, au plan institutionnel, la création d’organismes appropriés. Il en est ainsi de l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF) et de la commission nationale de lutte contre la corruption (CONAC) désormais attelées, l’une et l’autre, aux missions qui leur sont dévolues. L’option étant de promouvoir dans l’administration, mais aussi dans l’ensemble du corps social, l’éthique et la bonne gouvernance. Il s’agit d’un problème de morale publique. Personne n’a oublié la mise en garde musclée du président Paul Biya le 21 juillet 2006 à l’ouverture du troisième congrès extraordinaire du RDPC : « ceux qui se sont enrichis aux dépens de la fortune publique devront rendre gorge », avait-il prévenu. Avant d’ajouter que « les délinquants en col blanc n’ont qu’à bien se tenir ! ».
Dans cette mouvance, le département ministériel en charge du Contrôle supérieur de l’Etat a donné de la voix ces deux dernières années. A travers son conseil de discipline budgétaire et comptable qui a mis à nu dérapages, voire égarements de nombreux agents publics indélicats. Au demeurant, des cas présumés de gestion peu orthodoxes sont légion devant cette instance sans compter que la chambre des comptes de la Cour suprême opérationnelle depuis quelque temps n’est pas restée oisive. Ce feu nourri contre la corruption focalise l’attention et suscite l’adhésion massive du peuple camerounais qui l’a exprimé à maintes reprises et de manière non équivoque. Car, la majorité silencieuse est convaincue que le mal-vivre qui caractérise leur quotidien tire son origine de la prédation de la fortune publique par une poignée de rapaces aux appétits boulimiques.
Que le rapport de l’ONG française intervienne à un moment où l’opération « Epervier » connaît une nouvelle impulsion laisse songeur. Au point qu’on en vient à demander si cette publication ne participe pas d’une malhabile manœuvre de diversion destinée à tempérer ou même à contrarier, à des fins intéressées, l’auteur de la croisade épique contre la corruption, le président Biya. Un homme d’Etat que le journaliste français, François Mattei, présente dans son récent ouvrage « Le Code Biya » comme « un maître du temps » qui a abondamment puisé dans son éducation ces valeurs qui lui ont permis de mettre « l’exigence, le sens des responsabilités, la maîtrise, le sens des équilibres au cœur de sa propre vie ». Ces propos ne sont certes pas une parole d’évangile. Il n’en reste pas moins que le riche parcours de ce « baroudeur de la plume » qui n’est pas un inconnu dans le paysage médiatique hexagonal, représente une clé de lecture fiable, crédible et convaincante de l’aura qui entoure le chef de l’Etat.
Et si le but véritable, mais non déclaré des commanditaires de ce rapport qui exsude le parti pris manifeste était précisément de jeter suspicion et discrédit sur « Le Code Biya » ? Dans tous les cas, la lumière des troublantes incongruités qui entachent la récente publication du CCFD, on peut en déduire qu’il s’agit d’une entreprise peu innocente. Un coup bas, en termes prosaïques. Est-ce avec de tels « arguments » que d’aucuns comptent faire pièce à la volonté affirmée, à la détermination de Paul Biya de donner corps chaque jour davantage à sa politique des Grandes ambitions dont les fleurons se multiplient sur le terrain de l’amélioration des conditions de vie de ses compatriotes ? Il est encore temps pour ceux-là qui sont obnubilés par de sombres desseins et des querelles politiciennes de se raviser et de savoir raison garder…
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