Frédéric Ouedraogo
29 Juin 2009
L'Institut de développement rural (IDR) de l'Université polytechnique de Bobo-Dioulasso (UPB) vient de mettre à la disposition de la production agricole et du marché de l'emploi, de nouvelles compétences. La fin de formation et la remise des diplômes de la 33e promotion des ingénieurs du développement rural et la toute 1re promotion des ingénieurs de vulgarisation agricole a eu lieu samedi 27 juin à Nasso, sous la présidence du ministre des Ressources animales, Sékou Bâ, représentant également ses collègues chargé de l'Agriculture et celui de l'Environnement et du Cadre de vie.
Après trois années d'études et de recherches, 57 nouveaux ingénieurs du développement rural et en vulgarisation agricole ont reçu leur parchemin le week-end écoulé, devant un parterre d'autorités, du collège scientifique et du monde universitaire du Faso. L'IDR qui a pour mission de former des cadres compétents à la disposition de l'agriculture burkinabè vient de faire un pas de géant en intégrant désormais dans son domaine de formation, la filière vulgarisation agricole.
Depuis 33 ans, il s'est toujours consacré à la formation des ingénieurs en agronomie, en élevage et en eaux et forêts. Or, les domaines en matière de développement se sont diversifiés et spécialisés, nécessitant non seulement plus de compétences dans ces trois options, mais aussi de nouvelles compétences dont celles de la sociologie et économie rurale et de la vulgarisation agricole.
Et le porte-parole des lauréats de relever que ces 5 options «sont complémentaires et chacune d'elles dans son rôle a besoin, de façon indispensable de l'autre» avant d'ajouter «qu'elle ont le même public et la même finalité à savoir, contribuer à améliorer les conditions de vie des populations rurales».
L'introduction de cette nouvelle filière, selon le président de l'UPB, Amidou Boly est le fruit d'un partenariat «exemplaire» entre sa structure et Sasakawa africa fund for extension education (SAFE).
Sur les motivations de l'implication du SAFE dans ce programme, le secrétaire exécutif, le Dr Déola Naibakelao explique : «On a travaillé pendant longtemps avec les ministères de l'Agriculture en Afrique et nous nous sommes rendus compte que le niveau de vulgarisation en Afrique est bas».
Alors que selon lui, c'est l'une des réponses à la faible productivité agricole en Afrique. Le premier programme a été inauguré à l'université de Cape Coast au Ghana en 1993. Les 57 nouveaux cadres formés à l'IDR issus des différentes filières ont soutenu avec brio (ils ont eu au moins 12/20) dans des thèmes de recherches de divers domaines du développement rural.
Les résultats de leurs travaux, à en croire le directeur de l'IDR, peuvent déjà faire l'objet d'application par les techniciens de terrain et les agriculteurs. Un bon résultat, selon le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique, le Pr Joseph Paré qui a par ailleurs rappelé que dans un pays à économie faible comme le nôtre, le capital humain doit être un levier du développement.
Mais paradoxe. Sur plus de 3 000 ingénieurs formés à l'IDR depuis 30 ans, plus de 10 promotions n'ont pas bénéficié de recrutement à la Fonction publique et une bonne proportion serait toujours en quête d'un point de chute. On estime le taux à 18% de chômage au sein des ingénieurs. Toute chose qui préoccupe les étudiants qui ont égrené par la même occasion, un chapelet de doléances.
En dehors de leur intégration dans la Fonction publique, ils souhaitent, entre autres, un appui à l'auto emploi, l'octroi de bourse à ceux qui désirent approfondir leurs études, l'amélioration du budget annuel de l'IDR et l'équipement adéquat de la salle d'informatique. En réponse à ces préoccupations, le ministre Paré a confié que dans le cadre de l'action gouvernementale, des mesures seront «envisagées et examinées» afin de permettre à ceux qui le désirent de s'installer à leur propre compte.
Quant au ministre Sékou Bâ, il a surtout exhorté les lauréats à mettre l'accent sur l'auto emploi. De multiples opportunités existent, notamment dans le secteur de l'élevage et n'attendent qu'à être exploitées.
En marge de la cérémonie de remise de diplômes, une table ronde a réuni au sein de l'UPB, les représentants de SAFE pour l'Afrique, les trois ministères techniques en charge du développement rural et l'UPB.
Cette table ronde placée sous le signe de la dynamisation du partenariat visait à sensibiliser les acteurs du développement rural sur l'importance de la vulgarisation agricole et l'appropriation du programme. Au terme des travaux, il a été décidé la mise en place d'un comité inter-ministériel pour réfléchir sur tous les aspects liés à la vulgarisation agricole.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 Sidwaya. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.