L'Express (Port Louis)

Afrique du Sud: Terminée en Afrique du Sud, l'affaire Jacob Zuma toujours devant la Cour suprême de Maurice

Leevy Frivet

30 Juin 2009


Port Louis — En Afrique du Sud, c'est de l'histoire ancienne. Pourtant, les ramifications mauriciennes de l'affaire Zuma de corruption présumée est encore devant la Cour suprême.

Depuis fin avril 2009, Jacob Zuma est le président de l'Afrique du Sud. Outre sa grande victoire aux élections législatives, le chef de l'African National Congress (ANC), avait aussi, peu avant, remporté une bataille légale. Les poursuites pour corruption des autorités sud-africaines contre Jacob Zuma avaient mené à un non-lieu. L'enquête avait mené la poursuite sud-africaine vers les rivages mauriciens.

Jacob Zuma était accusé d'une dizaine de délits liés à une affaire de corruption et de vente d'armes. Blanchit dans sa terre natale, les choses à Maurice ne semblent guère avoir changé, du moins légalement. La Commission indépendante contre la corruption (ICAC) entend bien transmettre des documents compromettants contre le nouveau dirigeant.

Lors d'une audience devant la Cour Suprême hier, lundi 29 juin, Me Sultan Sohawon, avoué de l'ICAC a déclaré que la commission a envoyé une lettre aux autorités sud-africaines pour connaître la marche à suivre dans cette affaire. Me Sohawon a expliqué qu'aucune réponse n'a été reçue. Ce faisant, une demande formelle a été faite au Chef juge par intérim, Kesoe Parsad Matadeen, pour le renvoi de l'audience au 13 juillet prochain, en attendant d'autres développements.

Pour rappel, c'est en 2001 que les ramifications mauriciennes de l'affaire Zuma ont été mises au jour. Des documents avaient été saisis par la défunte Economic Crime Office (ECO) puis transférés à l'ICAC nouvellement créée. Ces documents avaient été saisis dans les bureaux de la compagnie Thint, succursale du groupe d'armement français Thalès à Maurice. Parmi les pièces saisies figurait l"agenda du directeur général de Thint, Alain Thétard, faisant état d'une rencontre en mars 2000 avec Zuma et son conseiller financier, Shabir Shaik.

Selon l'accusation, la rencontre aurait servi à négocier un pot-de-vin pour que Jacob Zuma, alors vice-président d'Afrique du Sud évite à Thint d'être impliqué dans le cadre d'une enquête sur un contrat d'armement litigieux. Le conseiller de Zuma, Shabir Shaik, a été condamné à 15 ans de prison en 2005 dans cette affaire.

C'est suite à ce développement que la police sud-africaine s'est intéressée à Zuma qui était à ce moment en disgrâce auprès du président Thabo Mbeki.

A plusieurs reprises, Jacob Zuma avait tenté de s'opposer au transfert des documents de Port-Louis à Durban. A cet égard, la fin de non-recevoir de l'Attorney General, Rama Valayden, n'avait pas plu à Zuma.

Rama Valayden avait défendu la décision de son bureau d'agréer au transfert des documents en question, mettant en avant l'indépendance de la justice mauricienne, tout comme l'avait rappelé à l'intéressé Navin Ramgoolam lors d'un déplacement de Zuma à ce sujet en 2007.

La bataille juridique devant la cour constitutionnelle sud-africaine a abouti à un non-lieu, mais légalement, les procédures engagées dans cette affaire à Maurice se poursuivent.

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