Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Une couveuse à l'épreuve des coupures de courant

Cet incubateur pouvant fonctionner avec diverses sources d'énergies a récemment remporté un prix aux Journées nationales de technologies.

L'éclosion des oeufs est garantie avec cet incubateur. C'est du moins ce qu'affirme son inventeur. Albert Kamdjie Fozo a baptisé sa couveuse K.A. Elle peut fonctionner au gaz, au pétrole ou à l'électricité. Une aubaine pour les fermiers pour confrontés aux coupures de courant électrique, à la fluctuation des cours du pétrole et la rareté du gaz domestique. Cet incubateur original permet au fermier de pallier ces aléas et par ricochet, d'éviter la perte des oeufs en cas de rupture de l'approvisionnement de l'une de ces trois types d'énergie. La facilité et l'assurance que procure la K.A. a permis à son auteur de se distinguer lors de l'édition 2008 des Journées nationales de technologies. Albert Kamdjie Fozo a été classé second dans la classe électronique.

Selon cet heureux lauréat, cette invention est le fruit d'une quinzaine d'années de recherches. Kamdjie Fozo se lance en effet dans l'élevage de la volaille en 1989. L'hôtel qui l'employait à Tsinga vient alors de fermer. Il y avait travaillé cinq ans, après avoir arrêté ses études en classe de première G2 (comptabilité). Et dès lors, il réfléchit déjà à un moyen de produire des poussins, sans avoir jamais vu, ni entendu parler des couveuses, selon ses dires. Il y parvient en 1994, lorsqu'il crée un incubateur à pétrole d'une capacité de 50 oeufs de poule. Très inspiré, il construit deux ans plus tard, un autre appareil, à électricité cette fois, pouvant contenir 1000 oeufs. Pour lui, c'est la gloire. Mais la joie est de courte durée. Il a un choc en 1998, lorsqu'il perd 500 oeufs achetées au monastère de Bengwui suite à une coupure de courant. Ces oeufs devaient commencer à éclore dès le lendemain. Ladite coupure, due à la chute d'un grand arbre sur le réseau électrique entre Douala et Yaoundé, a plongé la capitale dans le noir deux jours durant. Albert décide donc de chercher un moyen d'éviter cette situation à l'avenir. La solution est trouvée en 2006.

K.A., cet incubateur assez particulier peut contenir 500 à 1000 oeufs. Il est constitué d'une partie en bois contenant des palettes d'oeufs superposées et d'une autre en fer contenant un « réservoir ». Le fermier peut alors choisir de brancher la ligne de courant électrique ou d'allumer un petit feu de gaz ou de pétrole derrière qui réchauffe le réservoir. La chaleur est communiquée dans l'appareil par des filaments constituant la résistance. Et quelle que soit l'énergie utilisée, l'intensité du chauffage peut être régulée. Ceci, grâce à un hygromètre et un thermostat qui permettent de contrôler l'humidité et la température dans la machine.

La transition rapide à une autre source d'énergie en cas de problème est donc possible grâce à cette machine très pratique. « L'éleveur dispose de six heures pour l'effectuer avant que le changement de température n'affecte les oeufs », nous confie Albert Kamdjie Fozo. Mais le coût de fabrication d'une telle machine est élevé. Certaines de ses pièces doivent être importées d'Europe. Le tout revient à près de 250 000 F, à en croire l'inventeur. Il aimerait aujourd'hui produire ces machines à grande échelle pour réduire le coût de production et les mettre à la disposition des citoyens. Car il croit fermement que sa machine pourrait permettre aux familles de remporter le combat sur la rareté des protéines animales. En outre, ce père de cinq enfants âgé de 52 ans entend encore marquer les esprits. Il présentera bientôt sa nouvelle découverte, une crème anti-moustique. Affaire à suivre aux JNT 2009 en fin d'année.

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