Denise Diminga Zarour Medang
30 Juin 2009
Le groupement des pêcheurs de Elinkine a tenu hier, lundi 29 juin 2009, un point de presse dans leur localité. Il était question de partager leurs préoccupations sur le secteur. Dans le cadre de la collaboration avec les Ghanéens, les pêcheurs ont qualifié « d'exploitation » la livraison du poisson à leurs bailleurs. Des malentendus qui ont conduit un des leurs en prison.
Le changement de méthode de travail dans la livraison du poisson et plus précisément du requin, est la cause principale du différend qui oppose les pêcheurs de Elinkine et les Ghanéens, financiers des pirogues. Après avoir cheminé pendant plusieurs années, voila que des problèmes surgissent et atterrissent à la justice où un des pêcheurs est en détention.
Selon le groupement des pêcheurs de Elinkine qui tenait hier un point de presse, « après tant d'années de labeur, nous, pécheurs et propriétaires de pirogues de pêche artisanale pêchant les sélaciens avons décidé de changer de tactique dans notre façon de travailler.
En effet, après avoir constaté que notre produit n'était pas échangé à sa juste valeur, nous, collectif des pécheurs, nous nous sommes réunis pour trouver ensemble une solution plus juste aux difficultés auxquelles nous faisons face depuis tant d'années. Nous nous sommes rendus compte que nous avons toujours été lésés par les Ghanéens qui achètent la chaire de sélacien fraîche sur la plage ».
Selon Wahab Ndao, du Collectif des pêcheurs « au début, nous allions à la pêche, après la capture, on fendait le requin et on y mettait du sel et au retour, nous le livrons aux Ghanéens.
Mais, le constat que depuis plusieurs années, nous ne parvenons pas à recouvrir nos dettes envers les Ghanéens avec cette méthode et nous avons décidé de sécher le poisson et de les leur rendre au kilogramme.
Une chose que les Ghanéens n'ont pas approuvée. A cet effet, un des nôtres a été conduit à la justice où il attend le verdict ». Et de poursuivre : « le présumé n'a pas avancé qu'il ne vendrait plus le poison au Ghanéen.
Toutefois il le ferait par séchage et par kilogramme pour lui permettre de payer ses dettes au lieu dans cumuler ». Et de conclure que « dans le contrat, il n'a jamais été mentionné poison frais ou séché et c'est uniquement en Casamance que la livraison de poisson se fait fraîche ».
Aujourd'hui, avec cette situation qui s'amplifie dans cette zone, les pêcheurs se désolent de la condition et les femmes interpellent les autorités sur cette question mais surtout sur le cas du détenu pour qu'il soit relaxé.
Rappelons que le prisonnier avait fait un prêt de 6millions 200 cent et a pu avancer au Ghanéen 2 millions et que le changement de méthode l'a conduit derrière les grilles où le verdict de la justice est attendu ce matin.
Pour la communauté des pêcheurs, on lui reproche d'abus de confiance et le fait qu'il ait caché la pirogue. Une inculpation qu'ils jugent dérisoire puisque la pirogue est sur les rives de Elinkine.
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