L'Autre Quotidien (Cotonou)
Fortuné Agueh
30 Juin 2009
Le 14 mai dernier les leaders des formations politiques composant le regroupement G et F ont déposé sur la table du président de l'Assemblée nationale une interpellation du Président de la République sur ce qu'ils qualifient de menaces aux libertés publiques et à l'unité nationale suite aux propos tenus par le ministre en charge des transports terrestres, Nicaise Fagnon à Dassa. Le chef de l'Etat se fera représenter par le ministre Zachari Baba Body qui répondra ce jour à l'Assemblée nationale aux inquiétudes des députés de l'opposition.
Interpellé par Adrien Houngbédji, Rosine Soglo, Antoine Kolawolé Idji, Bruno Amoussou , Lazare Sèhouéto, Sacca Fikara et 9 autres députés, le chef de l'Etat, le président Boni Yayi ne fera pas le déplacement de l'hémicycle comme le souhaitent les leaders de l'opposition. La loi lui donne la possibilité d'envoyer un ministre répondre à ses lieu et place.
Le ministre chargé des Relations avec les institutions et la société civile, Zachari Baba Body est chargé pour répondre aux députés. Il devra expliquer aux députés, préoccupés par les propos jugés attentatoires aux libertés publiques et à l'unité nationale du ministre Nicaise Fagnon, sa compréhension de la situation et la juste analyse qu'il convient d'en faire.
Comme il faut s'y attendre, les députés de l'opposition ne devraient pas attendre qu'il aille dans le sens voulu par eux : reconnaître que le ministre a été trop loin dans ses propos et présenter au besoin des excuses. Les deux camps, depuis les explications données çà et là ne voient pas le problème de la même manière.
Le ministre Baba Body va par conséquent essayer de dédramatiser l'ampleur de l'événement et l'interprétation que les députés de l'opposition en font au sujet des libertés politiques quant à tout ce qui touche aux candidatures éventuelles pour la présidentielle de 2011.
Le ministre tentera de calmer la vive polémique suscitée par les menaces de Nicaise Fagnon et va certainement réfuter l'implication de la responsabilité du chef de l'Etat dans lesdits propos. on sait que les interventions de membres de gouvernement tendaient à démontrer que le ministre Nicaise Fagnon a agi en son nom et non en celui du président de la République.
Il n'a reçu ni mandat, ni instruction du chef de l'Etat et du gouvernement. par conséquent la responsabilité du chef de l'Etat ne peut s'en trouver engager. Aussi le ministre Baba body cherchera-t-il à prouver que les propos de Fagnon n'ont pas d'importance et donc ne peuvent constituer une menace à la liberté et à l'unité nationale.
Cependant, le chef de l'Etat, par l'entremise du ministre, va rassurer les députés et renouveler son engagement à préserver l'unité nationale et garantir les libertés publiques comme la Constitution le lui exige.
Mais comme on peut s'en douter ces éléments de réponse ne combleront pas l'attente des députés qui s'attendent à ce que le chef de l'Etat condamne fermement et publiquement les propos de Fagnon. Les G et F ne manqueront pas de faire le procès du régime de Boni Yayi et rappelleront tous ceux qu'ils considèrent comme dérives et dont ils ont connaissance.
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