L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Afrique: Sommet de l'UA - La confusion, arme favorite de Kadhafi

D. Evariste Ouédraogo

30 Juin 2009


C'est en principe aujourd'hui 1er juillet 2009, et ce, jusqu'à vendredi prochain que se tient, à Syrte en Libye, le 13e sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine (UA).

A ce traditionnel jamboree présidentiel, ceux qui nous gouvernent auront à échanger sur le thème bien pensé, « Investir dans l'Agriculture pour réaliser la croissance économique et alimentaire ». De nos jours, 80% des populations africaines vivent de ce secteur d'activité.

Mais, pour dire vrai, l'Afrique est malade de son agriculture. Le phénomène des changements climatiques a fini par entraîner d'énormes conséquences qui affectent malheureusement le milieu. Les pluies se font de plus en plus rares, ce qui influe immanquablement sur les rendements céréaliers. Les organismes génétiquement modifiés ont fait leur apparition et avec l'absence de modernisation des méthodes culturales les défis du monde agricole ne font que décupler.

Le thème du sommet tombe donc à pic, à un moment où les différents gouvernements affichent leur ferme volonté d'accélérer la croissance par la promotion du développement agricole, afin d'éradiquer la faim, réduire la pauvreté, l'insécurité alimentaire tout en augmentant les opportunités sur les marchés d'exportation.

L'occasion leur sera donnée d'examiner les modalités de financement de notre agriculture pour espérer plus de productivité et de modernité dans l'industrie agroalimentaire. Sur la question, les experts ont déjà déblayé le terrain quelques jours avant la tenue de la rencontre dans la région natale du guide libyen. Le Conseil des Ministres a apporté sa touche. Il revient maintenant aux chefs d'Etat et de gouvernement de prendre en trois jours les décisions qui s'imposent.

Surtout de veiller à leur mise en application scrupuleuse et effective dans les plus brefs délais possibles. S'il est judicieux de saluer la pertinence du rendez-vous de Syrte, il n'est pas du tout exagéré d'émettre des réserves quant à la suite des événements par rapport à l'ordre du jour préétabli. L'appréhension est d'autant plus fondée que le sommet se tient en présence du « Roi des rois traditionnels d'Afrique », mieux, sur ses terres.

Pour qui connaît l'homme et ses manières imprévues d'agir, nul doute que ce qui a été retenu au départ et de commun accord ne manquera pas d'être sérieusement modifié par le maître de Tripoli.

Des thèmes de réflexion, il y en a à foison, mais le célèbre Bédouin ne se gênera nullement d'imposer aux membres des 53 délégations son ordre du jour à lui. Dimanche dernier déjà, faisant irruption dans la salle de réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UA, alors en conclave, le colonel a donné le ton en insistant pour qu'une « autorité » dotée de réels pouvoirs exécutifs qui regrouperait les différentes instances existantes de l'Union connaisse le jour. Il envisage donc de ce fait la transformation de la Commission de l'Union en Autorité.

Kadhafi, on le voit venir, tient à ordonner à ses pairs d'accepter son idée de gouvernement africain, se proposant même de la soumettre aux votes, assorties d'une séance d'explications de la part de ceux d'entre eux qui viendraient à en être contre. Cette situation crée véritablement la confusion et la discorde au sein de la corporation, et beaucoup ne s'en cachent pas outre mesure.

L'Autorité africaine de Kadhafi en panne

La confusion, c'est le violon d'ingres de Kadhafi, mais Jean Ping, le président de la Commission, par une manière qui cache mal sa réticence personnelle, trouve qu'avant de s'attaquer à des projets ambitieux comme celui du guide, il y a des dossiers plus urgents à traiter.

Pour l'heure, le chien aboie et la caravane continue d'avancer... imperturbable. Les rues de Syrte, dans le cadre du sommet qui accueille en outre le président brésilien, Luiz Inàcio Lula Da Silva, en tant qu'invité d'honneur portent ostensiblement des maximes du guide libyen : « L'Afrique, c'est l'espoir », « L'unité, c'est la force », « La mort aux ennemis de l'Afrique ». Ce sont là quelques-unes des sentences qui ne trompent pas sur les intentions réelles de leur auteur, et pour sûr, la réunion dont les travaux s'ouvrent ce matin même nous réservera des surprises bédouines de taille.

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Author: rdt26
Fri Jul 3 00:18:14 2009

On pourrait s'abstenir de penser paq que les crises intestines des pays africains trouveraient une solution en envisageant que chaque pays les règles. Et surtout penser qu'un "union" africaine ou un "état" africain ne pourrait être pensé qu'après résolution de ces problèmes à une échelle "nationale". Je pense au contraire qu'un cadre comme un "état fédéral" pensé sur de bonnes bases sera la solution pour nos problèmes actuels. Rien de plus parlant que des lois et des règlementations qui seraient applicables à tous. Il ne s'agit pas de mettre en question(pour l'heure) les fronttières de 1885 mais de penser grand. A défaut on arrivera pas à nous émanciper de cette étiquette de continent "à la ramasse". Mais de bonnes bases sont nécessaires avant d'y arriver. On peut être d'accord que ce n'est pas une chose aisée. Mais c'est une chose à penser de plus en plus...


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