Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

Cameroun: Cemac - L'activité économique au ralenti

Eugène Dipanda

30 Juin 2009


Le Comité de politique monétaire de la Béac en a fait le constat au cours de sa réunion tenue hier à Douala.

A cause de la crise financière internationale, la demande mondiale se fait de plus en plus rare. Le taux de croissance des pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) a chuté à 2,1 %, contre 4 % l'année dernière. La chute des cours de pétrole sur le marché international a, elle, entraînée une dégradation des comptes publics. La conjoncture moins reluisante des matières premières telles que le bois et les produits miniers, dont les cours piquent pratiquement du nez chaque jour qui passe, a davantage plombé les économies A mi-parcours de l'année 2009, on ne peut pas dire, en effet, que l'Afrique centrale se porte économiquement bien. Et le Comité de politique monétaire de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (Béac) l'a confirmé hier, lundi 29 juin 2009, au cours de se 2ème réunion ordinaire de l'année tenue dans la salle du Conseil de la Béac à Douala.

Présidée par M. Philibert Andzembe, par ailleurs Gouverneur de la Béac, le Comité de politique monétaire a notamment passé en revue l'environnement économique et monétaire international. Il en ressort que la plupart des pays industrialisés sont touchés par la crise ; avec des conséquences économiques directes sur toutes les régions du monde. Malgré tout, le Comité de politique monétaire de la Béac estime, pour ce qui est de la Cemac, que "les tensions inflationnistes se replieraient quelque peu, en relation avec le reflux des prix mondiaux ; et le taux de couverture extérieure de la monnaie, bien qu'en léger repli, demeurerait confortable autour de 100 %". Les perspectives ne sont pas pour autant alarmantes non plus. Puisque, pour le période 2010 - 2012, la croissance économique des pays de la sous-région pourrait se maintenir à 3,5 % en moyenne. Quoique, explique M. Philibert Andzembe, celle-ci reflète "la dépendance des pays vis-à-vis du pétrole".

Décisions

Du coup, le Comité de politique monétaire de la Béac pense qu'il est temps pour les Etats membres d'accélérer les politiques de "diversification des bases de production et de renforcement de l'intégration sous-régionale, notamment la mise en oeuvre du Programme économique régional, en vue d'élargir les sources de la croissance dans les pays membres". Pour mieux affronter la conjoncture, le Comité de politique monétaire de la Béac a pris un certain nombre de décisions hier, après examen de la balance des risques pesant sur la stabilité monétaire et financière.

Parmi les grandes mesures prises par l'équipe conduite par le Gouverneur de la Béac et qui prennent effet dès ce 02 juillet 2009, il y a notamment la baisse du taux d'intérêt des appels d'offres de 25 points de base (de 4,50 à 4,25 %) ; la réduction de 200 points de base du taux de pénalité aux banques (de 12 à 10 %) ; l'abaissement du taux d'intérêts sur placements des banques de 15 points de base ; la réduction du taux de rémunération des réserves obligatoires applicables aux banques de 5 points de base ; et la réduction du taux d'intérêt sur placements publics de 65 points de base pour les Fonds de réserve pour les générations futures et le mécanisme de stabilisation des recettes budgétaires, et de 25 points de base pour les dépôts spéciaux.

En attendant l'application de toutes ces décisions, le Comité de politique monétaire de la Béac a parallèlement adopté les objectifs monétaires et de crédit des six Etats de la Cemac pour le quatrième trimestre de l'année 2009 et le premier trimestre de l'année 2010, qu'il estime "cohérents avec les différents cadrages macro-économiques révisés". Au cours de la conférence de presse tenue au terme de leurs travaux, M. Philibert Andzembe a également révélé que la mise en oeuvre du projet d'émission des titres publics à souscription libre dans la Cemac, est imminente. Pour cela, le Comité de politique monétaire de la Béac a convenu de "geler les plafonds d'avances de la Banque centrale aux Trésors nationaux dès le démarrage des émissions des titres publics prévu au cours du second semestre 2009 ; d'adopter le principe de la réduction des plafonds d'avances statutaires par cinquième chaque année ; et proposer au choix de chaque Etat de rembourser les utilisations au-delà du plafond d'avances réajusté, soit en une seule fois, soit par consolidation sur un an maximum au taux d'intérêt des appels d'offres et à échéances trimestrielle".

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