Fasozine (Ouagadougou)
Yolande Talla
30 Juin 2009
La lutte contre la prolifération des cliniques clandestines, lancée par le gouvernement, vient de faire une nouvelle «victime». Il s'agit de François Bossou, un faux médecin, qui pratiquait des avortements clandestins au secteur 24 de Ouagadougou.
C'est la fin des haricots pour François Bossou, un faux médecin, dont l'arrestation a fait l'objet d'une conférence de presse ce mardi 30 juin 2009, à Ouagadougou. C'est en compagnie du commissaire Serge Alain Kaboré et l'officier Somnobgna Ouédraogo que le commissaire Emmanuel Ouédraogo s'est entretenu avec la presse sur la question brûlante des avortements clandestins. Suite à un appel anonyme passé via le numéro vert 1010 du Centre national de veille et d'alerte (CNVA), la police a été informée d'un cas d'avortement survenu au secteur 24 de Ouagadougou. Elle a tout de suite alerté le commissariat central, qui a dépêché des éléments de la brigade criminelle et une équipe de Police secours sur les lieux.
Les policiers ont découvert O.G., une fille âgée de 30 ans, célibataire et employée dans un débit de boissons du secteur 24, dans un état de santé précaire, et nécessitant une hospitalisation. O.G. s'était rendue chez le «docteur» François Bossou avec l'aide de sa collègue, qui est aussi la petite amie du «faux docteur». C'est ce dernier qui a pratiqué l'opération qui a failli coûter la vie à Mlle O.G.
Enquêtes et perquisitions ont permis aux forces de l'ordre de saisir du matériel qui permettait au faux médecin d'appâter la clientèle et de pratiquer ses forfaits. François Bossou, 44 ans, sans profession, ayant le niveau de la classe de troisième, n'a pas fait d'études médicales, mais pratique l'avortement depuis bientôt dix ans! Les prix de ses interventions variaient entre 15 000 et 30 000 F CFA.
Le commissaire Emmanuel Ouédraogo assure que «Mlle O.G était désormais hors de danger. Sa collègue, Alima, est en ce moment dans son village. Et François Bossou est entre les mains de la police. Tous trois attendent d'être jugés en tant opportun». En attendant, il demande «à toute personne ayant bénéficié des soins de François Bossou, de venir témoigner, pour que justice soit rendue dans cette affaire». D'autre part, il demande «à la population d'être plus prudente et de ne pas hésiter à utiliser le 1010 en cas de besoin et d'urgence».
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