WAGANE FAYE
1 Juillet 2009
opinion
Aujourd'hui, plus que jamais, dialogue et consensus sont devenus essentiels dans le déroulement du relationnel en démocratie participative, surtout dans un pays en combat pour sa modernisation. Le Chef de l'Etat du Sénégal, dépositaire de la cohésion nationale, gagne à élargir les bases d'évolution citoyenne et à renforcer la communication afin que tous acteurs soient mis à niveau.
Il est utile d'organiser le dialogue pour réduire le risque de non communication, d'agrandir les espaces citoyens, enfin, de protéger le patriotisme souvent en prise avec la violence et l'agitation. Même si Le Président de la République du Sénégal a communiqué avec les populations en décembre 2008, en avril 2009 certaines intempéries ont permis de comprendre que la météorologie politique invite à une concertation. L'analyse de la conjoncture politique internationale, africaine et nationale aurait conduit, selon notre humble avis, Me Abdoulaye Wade à présenter, cette fois, une offre à certaines formations membres du contrepouvoir pour une mise à niveau. Pour, par exemple, un renforcement de la ligne de fermeté du pouvoir d'Etat et aussi, pour une meilleure sauvegarde de l'équilibre politique du Sénégal.
Heureusement, l'impact de l'éducation de base sur le comportement collectif et citoyen au Sénégal, le poids très positif de l'Islam, des autres religions et (même des obédiences philosophiques) contribuent à la consolidation des acquis citoyens devenus, assurément les ressorts d'acier de notre nationalisme et de notre patriotisme.
L'appel de Monsieur le Chef de l'Etat ne serait il pas venu à point nommé avec les manifestations enregistrées et signalées par la météorologie politique ? Certaines situations conduisent à la mise en à "uvre d'un gentleman agreement pour que l'ordre politique national ne soit victime d'aucune déconfiture.
Gérer le service public, promouvoir la démocratie participative, accélérer la croissance et assurer le développement local contre indiquent, dans une totale mesure, l'escalade de la violence ou le recours incessant à l'agitation, à la désinformation et à l'activisme.
Peut être le dialogue permettrait, à certains d'articuler des griefs dont les principaux seraient, entre autres :
• L'itérativité des chirurgies opérées au niveau de l'ordonnancement juridique national. • La non-stabilisation de la progression du train de vie de l'Etat. • L'accentuation du pessimisme social • Le futur sans espoir de la jeunesse. Il convient de lutter, avec acharnement et avec passion afin que la Nation, l'Etat et la République échappent aux balafres risquant, à terme, de se compliquer en cancer politique. Oui, les enjeux et les conséquences de la modernisation conseillent à tous les acteurs une grande circonspection doublée d'un patriotisme ouvert et d'une conscience collective concrète. Le pouvoir conduit par le Président de la République qui est, au demeurant, la clef de voute du système pourrait au cours du dialogue, parler entre autres, de ses nouveaux axes de préoccupation, notamment : • L'économie et son rapport à la crise • Le poids d'une effervescence politique rendue structurelle • La conflictualité politique dans le sous région • L'emploi, l'insécurité et la paix en Casamance • Les enjeux et les buts du FESMAN • La décentralisation et l'après 22 mars 2009 • La gouvernance internationale, les média et les contre valeurs • Le gouvernement des Etats Unis d'Afrique • La prolifération de l'insécurité dans le monde
Certes l'Etat - Nation est un acquis à consolider après 49 ans de construction et de structuration. Maintenant, nous devons engager, tous, les transformations sans agitation mais avec responsabilité. Le dialogue initié par le Président de la République serait, c'est notre souhait, un dialogue auréolé de rigueur, de responsabilité, de pertinence. Et non une routine. L'Etat voudrait, certainement, associer le contrepouvoir dans la négociation du virage imposé par une pratique et une démocratie forte. Ce qui reste, pour le plus grand nombre des citoyens, une voie noble pour le développement à la base.
Peut être que, cette fois, le dialogue ne viserait ni électoralisme, ni suffragisme. Mais il peut avoir comme articulations, par exemple, le renforcement de l'efficacité des collectivités locales, grâce à un transfert très évolutif des compétences. La problématique née de l'utilisation des ressources humaines, la politique de l'emploi, le futur des jeunes victimes du chômage, le financement des institutions de sécurité et de solidarité sociale, le contrôle des services nationaux et les accords dits ACP.
Donc promouvoir, en ce moment où s'est potentialisé un chaos difficile à débrouiller en relationnel politique, la culture du dialogue et du consensus est un devoir sacré. Il n'en demeure pas moins que la consolidation des acquis, par le biais d'une gouvernance à hauteur d'homme, explique l'enjeu et le but de l'enjeu du dialogue prôné par le Chef de l'Etat du Sénégal.
Son approche est le moyen qui vaille. Car gérer dans le désordre, gouverner dans la conflictualité et asseoir l'autorité à partir de l'arbitraire, de la dépendance et de la soumission bloquent une nation. Ne sommes-nous pas en mesure de faire émanciper notre pays en le sortant de l'infantilisme idéologique et en le mettant désormais sur une rampe pour la croissance ? Au Sénégal il reste vrai que le juridisme et le mimétisme idéologique sont le fondamental programmatique de certaines formations qui continuent à vivre des diktats dont les objectifs restent, sans doute, notre maintien dans l'état de non rupture, d'aliénation et d'accentuation de la détérioration des termes de l'échange.
Oui, pour un dialogue sans dégâts.
Comment pourrait-on comprendre l'approche Assises qui consiste à vouloir amputer un membre sain ? Le Chef de l'Etat du Sénégal pourrait, au cours du dialogue, procéder à un rééquilibrage pour arrêter, sans risque, toutes les formes d'irrédentisme. Parce que l'Etat est un et indivisible.
L'élite qui a pris part aux Assises voulait faire une offre politique .Mais le niveau de la pratique démocratique et institutionnelle au Sénégal peut évoluer, heureusement, sans perfusion. Le Chef de l'Etat du Sénégal reste ouvert et marche sans des rustines aux pneus de sa voiture.
Quitter l'infantilisme politique dans lequel certains voudraient enraciner la pratique africaine en démocratie participative serait- il impossible ? Non, le prochain dialogue viendra inaugurer, en effet, la fin du cycle du puérilisme idéologique au Sénégal.
Professeur d'Anglais
Coordonnateur des Cadres du F.A.P
Vice Président de la Commission des Cadres et Experts de la CAP21
E-mails : waganecoumbasandiane@gmail.com jdlfontaine@yahoo.fr
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