Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Note sur le cadrage macro-économique triennal 2009-2011

Faustin Kuediasala

2 Juillet 2009


Kinshasa — La RDC espère boucler rapidement ses discussions avec le FMI pour la conclusion d'un nouveau Programme économique du gouvernement (PEG 2). Cependant, sur le plan technique, les deux parties ont, depuis les discussions de Washington en avril 2009, dégagé les grandes lignes du cadrage macro-économique pour toute la période de mise en oeuvre du PEG 2 (2009-2011).

Cette note, tirée de « Notes de conjoncture » de la Banque centrale du Congo à fin mai 2009, décrit le cadre macroéconomique triennal 2009-2011 devant sous-tendre à la fois le prochain programme à moyen terme et la stratégie nationale de croissance et de réduction de la pauvreté de seconde génération.

TAUX DE CROISSANCE

L'objectif de croissance économique pour l'année 2009 de 2,7% devrait demeurer conforme à celui projeté au mois de mars 2009. Ce taux correspond à une baisse du revenu réel de 0,3% comparativement au taux de croissance démographique. Le ralentissement accentué de la croissance en 2009 serait dû à la diminution des exportations minières et à ses effets induits sur le reste de l'économie.

A moyen terme, les perspectives de croissance devraient nettement s'améliorer à partir de l'année 2010. L'économie devrait enregistrer une croissance de 6,5 % sur la période 2010-2011 sous l'impulsion principalement de la reprise de l'activité dans les secteurs miniers et de la construction. Ces secteurs exerceront un effet d'entraînement sur le secteur tertiaire. Du côté de la demande, la croissance serait expliquée par l'afflux des capitaux étrangers pour financer les infrastructures de base.

TAUX D'INFLATION

La cible de 24,8% fixée au mois de mars 2009 devrait être dépassée suite à l'évolution actuelle du taux d'inflation. En effet, à fin mai, le taux cumulé annuel d'inflation s'est replié à 26,13% à la suite d'un mouvement d'appréciation continue du franc congolais. Le maintien de l'effort d'ajustement budgétaire s'impose en vue de contenir le rythme mensuel du niveau général des prix à 0,56 % sur le reste de l'année.

L'inflation fin de période atteindrait dans ce contexte 31,2%, et en moyenne annuelle 40,5 %. Ce niveau correspond à une progression du déf1ateur du PIB de 31,4%. Pour atteindre cette cible, le Gouvernement se doit donc de dégager un excédent budgétaire couvrant le déficit de trésorerie de la Banque centrale de manière à ce que sa position nette soit nulle sur l'année. Il convient de relever que la cible d'inflation pourrait être ramenée autour de 27,8% en cas de désengagement mensuel du secteur public vis-à-vis du secteur bancaire.

A cet effet, les politiques budgétaires et monétaires à mener devraient être prudentes pour éviter toute expansion de la base monétaire. Sur un horizon à moyen terme, les pressions inflationnistes observées en 2009 devraient sensiblement s'atténuer. Ainsi, l'inflation devrait se replier à 15 % en 2010 et 12% à la fin du programme.

Le taux de change fin de période devrait se situer à 750 francs congolais le dollar américain en 2009. Ce niveau prend en compte le différentiel d'inflation entre la cible intérieure de 31,2 % et un taux d'inflation de 2% pour les principaux pays partenaires de la RDC. Il est compatible avec une dépréciation du taux de change effectif réel de 2,6%. Dans ce contexte, le taux de change devrait connaître une appréciation d'environ 4,0 % sur les sept derniers mois de l'année. Cette évolution devrait permettre d'éviter le réajustement à la hausse des prix des produits pétroliers, et limiter ses effets de contagion sur le niveau général des prix. A moyen terme, le repli attendu de l'inflation devrait s'accompagner des fluctuations modérées du taux de change.

SOLDE DES TRANSACTIONS COURANTES

En 2009, la balance des transactions courantes devrait se détériorer, soit 35% du PIB contre 24% du PIB en 2008. Mais, divers apports extérieurs, notamment ceux du FMI, de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement, et tout récemment, des revenus encaissés par l'Etat au titre de pas-de-porte chinois (soit plus de 100 millions Usd, après déduction de 50 millions revenant à la Gecamines), le niveau des réserves internationales devrait sensiblement s'améliorer à fin décembre 2009, correspondant à une couverture de plus de trois (3) semaines d'importations.

Entre 2010-2011, la BCC prédit que le déficit de la balance des transactions courantes devrait fortement se creuser. Cette détérioration résulterait de l'augmentation des importations dopées par la reprise des apports extérieurs notamment des capitaux publics, dans un contexte de ralentissement des exportations. Cet afflux des capitaux devrait permettre d'atteindre un niveau des réserves internationales équivalent à 4 semaines d'importations à l'horizon du programme.

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