Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa:Discrédit professoral

Ben Clet Kankonde Dambu

2 Juillet 2009


Kinshasa — Au nom de la salubrité publique, l'Apostropheur s'était cru en devoir de dénoncer, il y a cinq ans, le péché mignon des professeurs de différents campus. L'interpellation n'a pas, semble-t-il, touché la cible. Il est de son devoir de recommencer l'opération pour préserver les intérêts de la société congolaise.

A cause de la propension de la majeure partie d'entre les profs, soit à l'enrichissement rapide et sans cause, soit à la recherche effrénée de la satisfaction de leur libido à peu de frais (je veux dire gracieusement), les insatiables profs sont devenus insensibles à la clameur tout aussi estudiantine que publique. Qualifiés, hier, de «Syllabusards» parce qu'ils s'étaient illustrés, à temps et à contretemps, comme de meilleurs vendeurs grossistes des notes de cours polycopiées aux étudiants, les passionnés de cet 'extra muros' prennent d'année en année de l'embonpoint au point que Au point que l'activité principale d'un prof d'université se confond avec celle d'un vendeur des cacahuètes.

Il est vrai que les auditoires de nombreux campus sont archi-pleins. Mais il n'est pas vrai que c'est la faute exclusive du gouvernement. Ni des étudiants non plus. Nous reviendrons, en temps utile, sur cet autre débat longtemps occulté.

Il est aussi vrai que l'employeur étatique ou les employeurs privés, promoteurs des universités, se sont révélés avec des reins pas assez solides pour assumer la charge d'un corps académique qui n'aspire qu'au bonheur matériel. Comme tout un chacun. Néanmoins, ces considérations bassement matérielles et hautement financières, ne peuvent pas être évoquées pour justifier le ridicule dont s'entourent les profs sur les campus.

Aujourd'hui, les parents râlent et grommèlent chaque fois que leurs enfants rapportent la triste nouvelle : «Papa, encore 25 dollars pour un syllabus, sinon, le prof ne corrige pas ma copie d'examen».

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Précisons que la menace professorale n'est pas une menace en l'air. Les voraces font, chaque année, des milliers de victimes. Furieux d'être sevrés de la recette des 'syllabus', ils sanctionnent les étudiants impécunieux avec inhumanité. Et, à la fin de l'année académique, ces derniers entonnent le désormais célèbre refrain : «Mes points sont perdus. Le prof ne les retrouve nulle part». Il faudra négocier !

C'est un discrédit, Messieurs. Vous avez perdu l'occasion de faire du business. Ne perdez plus les points des enfants. Vous y perdrez toujours en dignité. Ce qui constitue un crime contre l'Excellence.

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