Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: L'ivoirier Bopete a hérité ce métier de ses ancêtres

2 Juillet 2009


Kinshasa — Gradué en art plastique en 1975 à l'Académie des beaux-arts (ABA), à Kinshasa, l'ivoirier Bopete Mobutu Elenge Désiré (59 ans), que nous avons surpris en train de couper l'ivoire à l'aide d'une scie, sur sa table de travail en plein air, reconnaît qu'il a hérité ce métier de ses ancêtres. Parce que depuis la troisième année de l'école primaire, il était initié à la fabrication d'objets divers en ivoire. Désireux de parfaire ses connaissances et d'obtenir un titre académique, il entre à l'Académie des beaux-arts où il obtient son graduat.

Selon Bopete Mobutu qui est originaire du territoire de Bolobo, au Bandundu, ses études supérieures ont été entièrement payées grâce à l'ivoire. Il affirme qu'il vit de ce métier avec toute sa famille, il paye les études de ses enfants, il a acheté un lopin de terre où il construit une petite maison de fortune dans la commune de Limete, et il a formé beaucoup de jeunes dans son atelier.

Parlant des difficultés que rencontrent les ivoiriers actuellement dans l'exercice de leur métier, Bopete Mobutu explique que le plus grand problème reste la rareté de l'ivoire brut. Il se souvient que sous la deuxième République l'ivoire était vendu par l'Office national de l'ivoire qui était un service de l'Etat, mais depuis 1982 la mesure d'interdiction de tuer les éléphants a rendu le métier et le marché difficiles. Il sait tout fabriquer en ivoire : bracelet, cendrier, statuette, jeu d'échec ou de dames.

Selon lui, il ne faut pas confondre les artisans avec les courtiers car, les artisans fabriquent les objets, tandis que les courtiers tels qu'on les voient sur les places publiques et particulièrement à la Gare centrale, s'approvisionnent auprès des artisans pour aller revendre. Il révèle que les ivoiriers ont pour source d'approvisionnement en ivoire des villageois qui viennent de l'intérieur du pays. Ceux-ci ont la possibilité de trouver l'ivoire soit en abattant clandestinement l'éléphant soit en l'arrachant sur un éléphant mort naturellement de vieillesse. Ces fournisseurs vendent l'ivoire à partir de 50 jusqu'à 80 dollars américains le kilo.

Liens Pertinents

L'ivoirier Bopete regrette l'attitude de certains courtiers qui prennent parfois les objets de artisans à crédit, et disparaissent dans la nature. Pour lui, le manque à gagner pour l'artisan et sa famille est considérable. Il reconnaît qu'il existe à Kinshasa, une structure qui encadre les professionnels de l'ivoire dénommée Unarico (Union nationale des artistes du Congo), dont le siège se trouve dans la commune de Barumbu. Elle est surtout orientée vers les actions de solidarité et d'assistance sociale pour ses membres. répondant à une question, Bopete Mobutu a noté qu'il ne connaît personnellement aucune femme qui exerce ce métier de sculpture de l'ivoire, alors qu'il y en a qui terminent leurs études à l'Académie des beaux-arts.

Il a enfin signalé le fait qu'à cause de certaines tracasseries, les oeuvres des ivoiriers congolais sortent du pays et sont vendues très cher dans les pays limitrophes et ailleurs.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2009 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Congo-Kinshasa

Rubriques