L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

Afrique: Sommet de Syrte : La Mauritanie dans les grâces de l'Union africaine

San Evariste Barro

2 Juillet 2009


Les travaux du 13e sommet de l'Union africaine ont débuté hier 1er juillet 2009 à Syrte (Libye). Le développement de l'agriculture et l'examen de la situation des pays en crise sont au menu de ce rendez-vous du syndicat des présidents du continent. Fausse note au début de ce jamboree, l'annulation, à la dernière minute, de l'arrivée des présidents iranien et italien, invités par le Guide libyen. Des désistements, notamment celui de Mahmoud Ahmadinejad, qui ont soulagé plus d'une délégation nationale à Syrte, lesquelles ne cachaient plus leur agacement face à cette énième gaffe de Kadhafi.

Les grands absents de ce sommet, le défunt président du Gabon, Omar Bongo Ondimba, mais aussi Blaise Compaoré, l'enfant terrible de Ziniaré, qui n'est plus en odeur de sainteté avec le Guide. Les nouveaux venus sont notamment John Atta-Mills du Ghana, Rose Francine Rogombé du Gabon, Ba M'Baré de la Mauritanie.

Justement, le nouveau président de la Mauritanie ne pouvait qu'être présent à cette rencontre, lui dont le pays vient d'être officiellement réintégré au sein de l'Union africaine. Ce point, on se rappelle, avait divisé les membres du Conseil de paix et de sécurité de l'Union.

D'un côté, des pays comme le Nigeria, l'Ouganda et l'Ethiopie ont estimé que la Mauritanie n'était pas encore revenue à un ordre constitutionnel normal et que par conséquent il fallait attendre les élections du 18 juillet prochain avant de lui ouvrir les bras. De l'autre, les partisans de l'intégration se recrutaient dans des pays comme l'Algérie, le Burkina Faso, le Bénin et l'Angola.

Mais l'un dans l'autre, il faut souhaiter que cette réintégration de Nouakchott dans le concert africain soit une sage décision qui ait été prise à Syrte. C'est en tout cas un signal fort et un encouragement fait à la classe politique mauritanienne à persévérer dans la voie démocratique.

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La médiation sénégalaise, on s'en souvient, était parvenue à arracher un accord qui a abouti à la formation d'un gouvernement d'union nationale et au départ du pouvoir du chef de la junte en Mauritanie. Avec ce colmatage démocratique, le président du Sénat, Ba M'Baré, assure l'intérim de la présidence de la république jusqu'aux élections du 18 juillet.

Mais ce blanc seing donné à la Mauritanie intervient à un moment où certains pays du continent pataugent dans un environnement aux antipodes de la démocratie. La Guinée Conakry, la Guinée-Bissau, Madagascar et le Niger. Si l'Union africaine a été clémente avec la Mauritanie, ces Etats doivent bien se demander pourquoi pas avec eux.

Et c'est en cela que la décision du Conseil de paix et de sécurité, favorable à Nouakchott, pourrait être comme une sorte de boîte de Pandore, une brèche dans laquelle vont se glisser les responsables des autres Etats. Pauvre Afrique !

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