Lobservateur
2 Juillet 2009
Parce qu'ils étaient en grève et donc n'ont pas participé à des évaluations, les étudiants ont écopé d'un zéro collectif. Les démarches et les grèves n'ont pu fléchir l'administration universitaire de Koudougou, qui entend maintenir la note, quitte à ce qu'elle compromette l'année académique. Le mardi 30 juin 2009, l'association nationale des étudiants du Burkina de l'université de Koudougou (ANEB/UK) a organisé un meeting au cours duquel les responsables et les étudiants ont exigé l'annulation pure et simple du zéro collectif.
Comme il fallait s'y attendre, la grosse pluie tombée la veille et le froid matinal n'ont pas empêché les étudiants de rallier massivement la devanture de la présidence de l'université de Koudougou (UK) pour suivre les messages des responsables de l'ANEB conduits par leur président, Dibié Bado. Des messages et des slogans, on en a eu à profusion.
A travers certaines piques lancées contre les premiers responsables de l'UK, les étudiants les accusent de tout faire pour saboter l'année académique et surtout leur avenir. Le pouvoir n'a pas été non plus épargné. Dans sa déclaration, l'ANEB affirme que "le système éducatif burkinabè subit des crises depuis ces dernières décennies, crises occasionnées et entretenues par le système capitaliste, infernal et assassin de la jeunesse, particulièrement sa frange scolarisée".
Faisant l'historique de la présente crise, le président de l'ANEB, Dibié Bado, a dit que tout a débuté à l'UFR/SEG, où, démunis et ne pouvant plus photocopier les fiches de TD (Travaux dirigés) à leurs frais et devant faire face au manque d'intercalaires, de feuilles de composition et à la non-remise des copies, et après de vains entretiens avec l'administration universitaire, les étudiants sont allés en grève de 24 heures suivie d'une autre de 72 heures, sur un mot d'ordre de leur corporation.
Selon les étudiants, c'est en se basant sur un texte adopté au CFVU (Conseil de la formation et de la vie universitaire) et en considérant les activités académiques non faites durant ces grèves comme une faute, que l'administration a donné un zéro collectif à l'ensemble des étudiants des UFR/SEG (Sciences économiques et de gestion) et UFR/LSH (Lettres et sciences humaines) pour les évaluations non faites.
Aussi, citant quelques textes qui leur consacrent le droit et la liberté d'association et de manifestation contre toute atteinte à l'intérêt du groupe, les étudiants, au cours de ce meeting, ont exigé l'abrogation pure et simple du texte cité plus haut et la programmation systématique, sans condition, des devoirs non faits.
Ils se basent pour ce fait sur la légitimité de leur grève, qui, à leurs yeux, reste justifiable. Dibié Bado a appelé les étudiants et les stagiaires de l'ENS/UK (Ecole normale supérieure) à rester mobilisés autour de leur plate-forme revendicative (PFR) minimale et à demeurer attentifs aux mots d'ordre à venir, car ce sont les seules voies de sortie et de victoire, selon lui.
Cyrille Zoma
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