Cherif FAYE
2 Juillet 2009
La communauté rwandaise a célébré le 47e anniversaire de leur pays en terre sénégalaise à Dakar. L'union des ressortissants rwandais a regardé dans le rétroviseur en interrogeant le passé historique du pays de la période pré-coloniale à l'indépendance.
Par une conférence animée hier mercredi 1er juillet 2009 à la Piscine olympique par le Sociologue Malick Ndiaye, ils ont démontré leur amour pour l'unité et la paix.
Les membres de l'Union des Ressortissants Rwandais au Sénégal sont en quête d'unité et de paix. Ils demandent la réconciliation et regrettent profondément les douloureux évènements de 1994. C'est en célébrant le 47e anniversaire de leur pays en terre sénégalaise, hier mercredi 1er juillet 2009 à la Piscine olympique, que les Rwandais ont démontré leur volonté de réconciliation. Sur un thème animé par le sociologue Malick Ndiaye, ils ont ressassé le passé historique de leur pays compris entre la période pré-coloniale et l'indépendance.
« Le problème du Rwanda est une morsure interne à l'humanité. Ce n'est pas un problème spécifiquement rwandais. Il relève de la responsabilité humaine. C'est un événement qui a démontré que l'homme pouvait bel et bien devenir un loup pour l'homme, à l'exemple des évènements entre le Sénégal et la Mauritanie en 1989 », a souligné Malick Ndiaye. « C'est l'humanité toute entière qui a trinqué au Rwanda comme en Allemagne durant la période nazie », a-t-il renchéri en invoquant un devoir de mémoire envers les victimes. « Le devoir de mémoire permet de lutter contre l'oubli imposé par une mémoire sélective. Il prépare les bases du véritable pardon et de la réconciliation », a-t-il poursuivi.
Selon lui, le problème du Rwanda doit être l'élément unificateur de toute l'Afrique. « Faisons tous ensemble notre introspection pour que plus jamais cela ne se reproduise. La bête née au Rwanda ne doit pas survivre. Il faut lui couper la tête et les jambes. Toutefois, nous pouvons jeter un regard sur le rétroviseur pour regarder en face les raisons qui ont conduit au chaos afin de les éviter », a déclaré Malick Ndiaye. Il a expliqué la manière par laquelle la tutelle coloniale belge a travaillé sur les relations internes au Burundi et au Rwanda. « La tutelle coloniale a divisé les populations pour mieux régner. Elle a institué une dynamique de construction identitaire en favorisant une ethnie sur une autre en cristallisant les différences ethniques », a-t-il intimé devant l'assistance.
Le modérateur de la conférence, Sylvestre Ntahondereye a expliqué que le colon a utilisé des appellations liées à des activités pastorales (les Tutsis sont des éleveurs et les Hutus des paysans) en à faisant des catégories ethniques. Samuel Hakizimana, Président de l'Union des ressortissants rwandais au Sénégal a demandé la réconciliation. « Plus jamais ça, ni en Afrique, ni ailleurs dans le monde », a-t-il laissé entendre.
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