Jérémie Nion
2 Juillet 2009
L'ascension du Pic Nahouri, la dernière-née des compétitions sportives burkinabè, a suscité un grand engouement dès le coup d'essai. Militaires et civils se sont bousculés, dimanche 28 juin à Pô, pour prendre le départ de cette course sous la présidence du ministre de la Défense et le parrainage du chef d'Etat-major particulier de la présidence, le colonel-major Gilbert Diendéré.
Si l'ascension du Pic Nahouri n'existait pas, il fallait la créer. Voilà la certitude des milliers de témoins qui ont assisté, dimanche 28 juin au premier numéro de cette épreuve. Le Pic Nahouri est un double symbole. Dans les rangs des « troupes », on retrouve un site où la majorité des militaires a séjourné pour achever la formation. Le président de la compétition, le ministre de la Défense, Yéro Boly n'a pas caché sa nostalgie à retourner au Pic. « J'y ai pris la garde pendant ma formation militaire», s'en souvient-il. Ce lien ombilical entre les militaires et le
Le vainqueur de l'ascension recevant sa moto.
site a expliqué leur forte mobilisation. Mais les civils aussi ont répondu présent. Au Nahouri, on a enregistré 108 inscrits. Le pic n'a t-il pas donné son nom à la province ? Il est désormais un patrimoine culturel. Avant la course, les militaires, s'appuyant sur leur connaissance du terrain, ont vite fait de programmer leur victoire au sommet du pic. La réplique à Pô ne s'est pas fait attendre. "C'est notre colline, qui mieux que nous peut gagner ? ", a-t-on rétorqué du côté des civils. A côté des deux entité une quarantaine d'athlètes venus de Ouagadougou, poussée par la curiosité, a fait le déplacement pour la compétition mais aussi pour l'aventure. C'est à 5 km du Pic que le parrain, le colonel-major Gilbert Diendéré a donné le coup d'envoi libérant les 145 inscrits. Mais déjà, une concurrente hors catégorie avait déjà avalé les 447 mètres pour culminer au sommet. Il s'agit de notre consÅ"ur, Caroline Tuina et de son époux qui tenaient à vivre les émotions d'une montée. A peine les officiels, après avoir donné le départ, ont retrouvé leur place au pied du pic que les premiers candidats entamaient déjà le grimper. 24 mn 24 secondes ont suffi à Karafa Coulibaly pour se retrouver au sommet et arracher victorieusement le fanion Kaizer témoin du triomphe. Dominique Sawadogo (2e), Boukary Nombré (3e), Ousmane Kombelemsegri (4e), Bélinko Kambou (5e) complètent le podium. Ils sont tous des militaires. Dans les 10 premiers, il n'y aura pas de trace de civils. Ne vous fiez surtout pas à la rapidité de la montée. Au sommet, le spectacle est impressionnant. Les athlètes sont affalés, recherchant péniblement l'oxygénation. Les plus résistants tiennent debout mais ils ont tous l'air perdu. La montée laisse des traces. Ce n'est pas pour rien que le comité d'organisation a mis en jeu une moto Kaizer. Avant cette épreuve, Altitude Nahouri a proposé une autre compétition, la course sur 18 km. 117 candidats dont 5 filles ont pris le départ à cette course. Là encore, l'armée en fait son affaire. Oumar Coulibaly au bout de 1h 06 mn a bouclé le parcours. Il est suivi de Moumouni Bangré (2e), de Emile Zangré (3e), de Romuald Tuina (4e), Baba Coulibaly (5e). Le premier des civils, Anatole Gouba, premier Burkinabè au marathon de L'Observateur Paalga, s'est classé 10 ! La première fille, Léa Yabonanon a fait son arrivée, 1h 57 mn après. Le plus ancien de la course, Atiana, malgré ses 68 ans, a forcé le respect et l'admiration en parvenant à boucler le parcours. Mieux, il tentera même le grimper ! A la moisson, un prix spécial spontanément fait par Kaizer, le promoteur de la course, Ouézen Louis Oulon et le parrain, le colonel-major Gilbert Diendéré lui a été attribué. Le vainqueur de l'épreuve de la course de 18 km, Oumar Coulibaly, remporte un poste téléviseur, une enveloppe et des gadgets. Les 4 autres mieux classés ont été primés. Le vainqueur de l'ascension, Karafa Coulibaly a reçu sa moto neuve, une enveloppe et des gadgets. Les 4 autres mieux classés ont aussi été récompensés. Le ministre de la Défense, à la proclamation des résultats, a été fort réjoui.
« Les résultats sont la preuve que notre armée est au mieux de sa forme» a-t-il fait remarquer. Le promoteur de la compétition, Ouézen Louis Oulon, directeur de la Radio nationale, a tenu à traduire « ses sincères et chaleureux remerciements au chef de l'Etat, Blaise Compaoré qui a soutenu l'organisation de la compétition ». Puis d'ajouter : « nous avons enfanté le bébé, nous avons besoin de votre soutien pour le faire grandir ». Sur ce point, le président de la manifestation a rassuré : «Le ministre de la Défense, quel qu'il soit, soutiendra Altitude 2009». Le parrain, le colonel-major Gilbert Diendéré lui était vraiment à l'aise. Il a cru fortement à ce projet. Et le voir se réaliser l'a comblé de joie. On comprend ces pas de danse qu'il a offerts au public en guise de merci.
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