Ali TRAORE
2 Juillet 2009
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Le non respect des engagements(...)
Maints habitants se plaignent du non reconstruction de leurs maisons. Certains avancent que leurs terres ont été absorbées alors qu'ils n'ont rien reçu.
Le chef de service Environnement, chargé des relations avec les communautés et les autorités locales de la SEMAFO, Omar Traoré, réplique : «Il n'y a pas ce type qui n'a pas été relogé. On n'est pas venu pour loger tout le monde. Quand on fait un impact sur un bâtiment, on le remplace». Concernant ceux qui ont vu leurs champs retirés alors qu'ils n'ont pas été indemnisés, Seydou Ouattara confirme : «le nerf du problème est qu'il s'agit d'analphabètes. Après l'affichage des listes, quand les propriétaires terriens venaient les consulter,
"C'est totalement faux de dire qu'il n'y a pas beaucoup d'autochtones embauchés par la SEMAFO", dément l'administrateur, directeur national, Elie Justin Ouédraogo.
leurs préoccupations étaient de savoir s'ils ont leurs noms sur les listes. Si c'est le cas, c'était suffisant. Le propriétaire du champ repartait tout content, car il s'attendait à une indemnisation en ignorant que c'est en fonction de la superficie qu'on indemnise les gens».
«Les emplois non qualifiés en priorité aux autochtones», selon l'administrateur de la SEMAFO
M. Ouattara estime qu'il n'y a pas eu de sincérité dans la transmission de l'information : «Quand le voisin est absent pendant le recensement des champs, celui qui connaît bien son champ, même si c'est trois hectares, il dit que c'est deux ...», précise-t-il. En plus de ces plaignants, d'autres estiment qu'ils n'ont pas été dédommagés alors que les routes de la SEMAFO traversent leurs champs et font que l'eau et la poussière envahissent leurs cultures. Mais la plus importante des accusations formulées à l'adresse de la SEMAFO est le non-respect de ses engagements.
Les populations autochtones sont déçues des responsables de la société minière qui, disent-elles, n'ont pas tenu leurs promesses. «On nous avait promis d'embaucher nos enfants et les ressortissants de la localité, mais ce n'est pas le cas», clame-t-on à tout bout de champ.
«C'est totalement faux de soutenir qu'il n'y a pas beaucoup d'autochtones embauchés par la SEMAFO», enchaîne l'administrateur, directeur national de l'usine, Elie Justin Ouédraogo. Et de préciser par ailleurs :«Pour les emplois non- qualifiés, la priorité est donnée aux fils de la localité. Moi-même, à cause de ce principe, je n'ai même pas pu placer, ne serait-ce qu'un cousin ou un neveu. Pourtant, ce n'est pas ce qui manque»! L'effectif des employés fournis par le chef du personnel, à la date du 22 octobre 2008, prouvent que les emplois permanents non qualifiés étaient de 144 dont 135 des ressortissants de la région de la Boucle du Mouhoun et des sept villages des communes de Bana et de Kona (soit 93,73% de l'ensemble des emplois permanents non qualifiés). Les employés sont repartis comme suit : SEMAFO, 48 employés sur 58, soit un taux de 84%, TPS (société de gardiennage), 48 employés sur 48, soit un taux de 100%, OK IN (hébergement et restauration), 23 employés sur 23, soit un taux de 100% et le laboratoire, 6 employés sur 6, soit un taux de 100%. Les dirigeants de la SEMAFO relèvent que les emplois des prestataires de service que sont TPS, OK IN et le laboratoire sont des emplois à mettre à leur actif. M. Ouédraogo se dit même inquiet de cette mentalité des populations pour qui, tout devrait revenir aux ressortissants de la localité. Selon lui, quelle que soit leur bonne volonté, il y a des limites : «C'est sûr qu'il y a plus de 300 jeunes qui cherchent du boulot là-bas, alors que pour les emplois non- qualifiés, la SEMAFO n'a besoin que de 100 à 150 personnes». Sur la question, le maire de Bana, Kélétigui Mahama Coulibaly, prend position pour sa population et relève : «On nous a promis que la priorité revient aux locaux pour le recrutement. Mais on est loin du compte. Nous nous sommes retrouvés avec dix à douze ressortissants de la localité embauchés dans l'usine». Il reconnaît néanmoins qu'il y a par ailleurs, 44 réservistes à la Société de sécurité (TPS) qui veillent sur les installations de la mine. Le maire de Bana admet que les ressortissants de la localité bénéficient d'une centaine d'emplois, mais qui sont pour la plupart mal rémunérés. Et d'ajouter : «Ce dont parlent les populations, c'est l'embauche à l'usine ». Sur ce point, il prend le contre-pied des propos des dirigeants de la SEMAFO : «Je sais de quoi je parle. La réalité est qu'au niveau de la mine, le recrutement à l'intérieur a été vissé. Seulement les emplois bénévoles autour ont été libéralisés».
«Les plaignants n'ont pas du tout raison», concède le maire
Le maire de Bana impute la responsabilité à ceux qui disent qu'ils n'ont pas vu leurs noms sur la liste . Pour lui, «Les plaignants n'ont pas du tout raison. La société a d'abord mesuré les champs, elle-même. Mais après, les listes ont été affichées pour que ceux qui ne voient pas leurs noms viennent se plaindre afin que les erreurs soient réparées». Le chef de service Environnement, chargé des relations avec les communautés et les autorités locales de la SEMAFO, Omar Traoré confirme les dires du maire de Bana avec plus d'arguments : «Dans un premier temps, nous avons fait un levé topographique de tous les champs dans un rayon de 14 kilomètres carrés (km2) en présence des représentants de chaque village. Sur les 14 km2, nous avons fait un recensement de tous les champs. Lors des réunions, nous avons bien dit aux gens que seuls les champs cultivés seront dédommagés». Selon Omar Traoré, la population était informée, lors des différentes rencontres, que les champs en jachère ne seraient pas indemnisés. Il précise :
«Les gens qui se plaignent du fait que leurs noms ne figurent pas sur les listes sont ceux qui avaient leurs champs en jachère ou abandonnés depuis longtemps». M. Traoré a révélé qu'au total, 605 champs ont été recensés parmi lesquels certains possédaient quatre à six champs. En définitive, 434 producteurs sont à dédommager. Si le maire de Bana s'accorde avec les dirigeants de la SEMAFO sur ce point, il partage cependant, certains désidératas de ses administrés :
«Nous sommes en train d'engager de nouvelles négociations, car il y a de nouveaux problèmes à savoir le cas des champs de certains paysans entièrement noyés à cause des travaux de la SEMAFO». Le chargé de l'environnement, Omar Traoré dément : «Tous les cultivateurs dont les champs sont en bordure de la route ont été dédommagés, mais les gens continuent à les exploiter».
Un vide juridique sur la question foncière au Burkina Faso
L'administrateur, directeur national de la SEMAFO regrette leur manque de fermeté sur la question: «On aurait dû être plus radical. Il fallait les empêcher de cultiver». Le maire de Bana est pourtant catégorique : «Je dis non, ces champs n'ont pas été dédommagés. Ce n'est ni de la faute de la SOCREG, ni de la faute de la SEMAFO, mais ce sont des données nouvelles que nous constatons, car c'est la première saison pluvieuse (saison 2008-2009) après la construction de la mine d'or».
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