Sidwaya (Ouagadougou)

Burkina Faso: L'ambassadeur iranien aux éditions Sidwaya : L'éventualité d'une coopération au menu

Etienne NASSA

2 Juillet 2009


L'ambassadeur d'Iran au Burkina Faso, Ali Hassan Alibakhshi, a rendu une visite de courtoisie aux Editions Sidwaya, le mercredi 1er juillet 2009 dans la matinée. Le diplomate iranien est venu s'imprégner des conditions de travail de la presse dont, selon lui, Sidwaya est l'un des symboles et encourager les acteurs qui y travaillent.

Les Editions Sidwaya ont reçu hier mercredi, 1er juillet 2009 dans la matinée, un hôte de marque en la personne de l'ambassadeur de la République islamique d'Iran, Hassan Alibakhshi. Avant de visiter les installations de l'imprimerie, le diplomate iranien s'est longuement entretenu avec le premier

A la rédaction, l'ambassadeur iranien a invité les journalistes à aller à la source pour l'information concernant son pays.

responsable de la maison, Ibrahiman Sakandé en présence des différents directeurs des Editions Sidwaya. "Je suis venu voir la situation exacte de la presse burkinabè dont Sidwaya est l'un des symboles et également, s'il y a une possibilité de coopération avec des publications burkinabè et iraniennes...", a-t-il souligné d'emblée au directeur général des Editions Sidwaya.

Son Excellence Hassan Alibakhshi, à ses dires, connaît Sidwaya depuis dix sept ans, à travers un de ses anciens rédacteurs en chef qu'il a rencontré avec une délégation burkinabè à Téhéran à cette époque. Il dit également connaître les Burkinabè à travers ses ressortissants à l'extérieur et aussi par le fait d'avoir séjourné en tant que diplomate dans des pays voisins du Burkina Faso. "Les Burkinabè sont des hommes travailleurs...", a-t-il noté.

Les relations entre les deux pays, à l'en croire, connaissent ces dernières années, un ralentissement qu'il faut travailler à dynamiser. "Des deux côtés, les représentations ont été fermées certes, mais les relations diplomatiques se sont poursuivies. Nous allons travailler à rechauffer ces relations, à les rendre beaucoup plus intenses et dynamiques...", a laissé entendre Hassan Alibakhshi. Et pour le diplomate iranien, l'intensification et la dynamisation de ces relations peuvent se faire dans plusieurs domaines. Il a cité la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Mali, le Niger, le Sénégal où l'Iran, à travers une coopération très dynamique, a fait beaucoup de choses dans divers domaines.

Dans le domaine de l'éducation, l'Iran pourrait aider le Burkina Faso. Son pays est déjà présent dans ce secteur avec trois écoles dont une est islamique. Un lycée privé a vu le jour dans ce cadre. L'établissement accueille environ 500 élèves dont plus de la moitié des pensionnaires sont de confession religieuse chrétienne. Le diplomate iranien soutient que son pays accueille 26 étudiants burkinabè dans divers domaines de l'enseignement supérieur. Et dans le cadre de la dynamisation de la coopération, il est prévu l'ouverture d'une université iranienne à Ouagadougou.

Au plan économique, les Burkinabè connaissent la République islamique d'Iran à travers les foires iraniennes qui se tiennent depuis quelques années à Ouagadougou, selon Hassan Alibakhshi. Mais d'autres produits iraniens sont vendus au Burkina Faso, sous le label d'autres pays, à entendre Son Excellence Alibakhshi. Celui-ci estime qu'il faut privilégier les contacts directs entre opérateurs économiques afin de développer davantage le commerce entre les deux pays.

Dans le domaine de l'agriculture, le diplomate iranien est d'avis que son pays pourrait soutenir le Burkina Faso pour l'aider à atteindre l'autosuffisance alimentaire. A ce propos, il estime que le blé est sans conteste, un produit pouvant ouvrir la porte dans l'atteinte de cet objectif. L'Iran en produit chaque année 14 millions de tonnes. "En matière d'irrigation, l'Iran a une très grande expérience. Et la culture du blé n'a pas besoin de beaucoup de technologies. En plus, le blé n'a pas également besoin de beaucoup d'eau...", a-t-il soutenu. A entendre le diplomate iranien, son pays soutient beaucoup le continent africain en matière de santé.

Il en veut pour preuve l'ouverture d'une dizaine de cliniques dans plusieurs pays dont la Côte d'Ivoire, le Mali, le Niger. Le Burkina pourrait en bénéficier dans le cadre de la coopération bilatérale qui va s'intensifier. Le secteur du sport est aussi un domaine où l'Iran, selon l'ambassadeur, va appuyer le Burkina Faso. En matière de football, Son Excellence Alibakhshi préconise des contacts entre les fédérations des deux pays. Il prévoit un match amical entre l'équipe nationale de son pays qui est engagée dans les éliminatoires de la Coupe du monde de 2010 et les Etalons du Burkina Faso.

Avec les médias burkinabè, Hassan Alibakhshi envisage une coopération exemplaire. En ce qui concerne les Editions Sidwaya, il entrevoit un voyage d'études de responsables de l'établissement et de journalistes en Iran afin de s'imprégner des réalités de ce pays. "Les informations que les médias occidentaux véhiculent sur l'Iran ne correspondent pas aux réalités de notre pays. C'est la même chose pour les pays africains. Les images que les journaux occidentaux présentent sur l'Afrique sont toujours négatives...", affirme-t-il. Il a promis de voir dans quel sens son pays pourrait soutenir les Editions Sidwaya. Aussi, il a invité les responsables de la maison à lui soumettre un projet qui sera examiné avec attention.

Le directeur général des Editions Sidwaya, Ibrahiman Sakandé, s'est réjoui de cette visite du diplomate iranien. "Merci d'être venu nous voir. Vous êtes un ami du Burkina Faso et dans ce sens, vous êtes chez vous à Sidwaya. En tant que structure de l'Etat, nous avons besoin, dans ce sens, d'être accompagné pour remplir la mission de service public à nous confiée. C'est pourquoi nous sollicitons votre soutien que nous sommes sûr d'avoir", a indiqué le directeur général de Sidwaya.

Ibrahiman Sakandé a rassuré le diplomate iranien de la disponibilité de Sidwaya à l'accompagner dans sa mission, surtout dans celle de dynamiser les relations entre son pays et le Burkina Faso. "Vous avez en Sidwaya, une oreille attentive. Pour nous, il est plus que jamais temps de travailler à asseoir une dynamique dans les relations entre nos deux Etats. En cela, il faut qu'il y ait des actes forts pour soutenir cette dynamique...", a souligné le directeur général des Editions Sidwaya. Ibrahiman Sakandé a promis de travailler avec son équipe dans les jours à venir, à créer un partenariat fort avec l'Iran à travers son ambassadeur.

Avant de partir, le diplomate iranien a visité les services de la rédaction du quotidien Sidwaya, la documentation et l'imprimerie. Une visite à l'issue de laquelle il a encouragé les acteurs. "J'ai remarqué qu'il y a beaucoup de choses qui manquent. Les machines sont vieilles et je crois qu'il faut voir comment renforcer leur capacité par de nouvelles dotations. J'ai remarqué également que malgré l'insuffisance des moyens, les différents maillons des Editions Sidwaya luttent pour produire le journal. Je les encourage..." a laissé entendre le diplomate iranien avant de quitter les locaux des Editions Sidwaya.

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