Propos recueillis par Serges Olivier Okole
2 Juillet 2009
interview
Charles Eteki, délégué régional du MINTP pour le Sud-Ouest, évalue les infrastructures routières dans la région.
Comment accueillez-vous l'annonce du lancement des appels d'offres sur le chantier Bamenda-Mamfe-Ekok et tous les autres projets en cours au Sud-Ouest ? Ça ne peut qu'être de très bonnes nouvelles pour nous. En tout cas, elles viennent renforcer un sentiment qui depuis des années habite les populations de cette région. Comparées à d'autres parties du pays, nous pensons que nous sommes bénis. Quelques faits justifient cette position. Vous remarquerez par exemple qu'au Sud-Ouest, toutes les unités administratives sont reliées par des routes. Lorsque Kumba-Mamfe sera bouclé, il ne restera à bitumer que Kumba-Mundemba. Et, lorsque vous y ajoutez toutes les perspectives de désenclavement de Bakassi, vous comprendrez encore mieux notre satisfaction. Cette situation ne veut pour autant pas dire que nous n'avons pas de problèmes. Loin s'en faut. Il est à relever qu'en termes de réseau, celui en terre représente environ 95% des routes de notre région. Avec environ 400 à 500 kilomètres de routes prioritaires, le reste étant des routes rurales. Les problèmes d'entretien ne sont pas rares dans ce contexte. La plus préoccupante des difficultés que nous rencontrons tient à la qualité géotechnique des terres dans une très grande partie de la région.
De manière concrète, comment abordez-vous pour les résoudre les difficultés que vous venez d'évoquer ?
Au niveau régional, en plus des insuffisances financières, qui du moins sont un problème général à toutes les régions du pays, il y a des obstacles naturels, dont j'ai commencé à vous parler plus haut. La pluviométrie de notre région est très forte. Nous avons au minimum neuf mois sur douze de pluies. Vous comprenez donc que sur un plan purement pratique, nous avons très peu de temps pour les activités d'entretien de nos routes. Si à cela nous ajoutons la qualité des sols très argileux, avec pour conséquence la rareté des matériaux nécessaires aux travaux d'entretien, vous avez juste un aperçu des difficultés que nous rencontrons.
De manière concrète, quelles solutions pensez-vous qu'on puisse applique à ces problèmes ?
La solution la plus facile, théoriquement, en fait l'idéal, c'est de bitumer toutes les routes. Le mouvement qui anime notre région depuis plusieurs mois, voire années, est de très bon augure dans ce sens. Mais en attendant que notre rêve devienne réalité, il y a des parades qu'on peut aisément envisager. La première pourrait être l'amélioration des délais de passation des marchés. Nous avons parlé de la forte pluviométrie de la région, qui nous laisse à peine trois mois pour l'entretien routier. Or, si chaque année les procédures de passation de marchés n'arrivent à terme qu'au mois de mars ou avril, il nous reste encore moins de temps pour manoeuvrer. La seconde parade possible c'est dans le choix des entreprises. Il y en a qui sont capables de travailler et d'achever ce qu'elles ont à faire en deux mois, parce qu'elles ont le matériel et le personnel nécessaire. Certaines sont même prêtes à se mettre au travail avant l'aboutissement du marché. D'autres par contre n'offrent pas ces garanties, et ne sont même pas capables de consommer 100 millions de francs par mois, si elles obtiennent le marché. Il faut donc à chaque fois sélectionner la plus performante, pour s'assurer de la qualité et de la célérité des travaux.
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