Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Prix du pain - Des distributeurs font la moue

Jocelyne Ndouyou-Mouliom

2 Juillet 2009


Parce que leurs gains ont diminué, certains livreurs et boutiquiers n'ont pas approvisionné les ménages hier.

Hier mercredi 1er juillet était la date d'entrée en vigueur des prix de la baguette de pain revus à la baisse. Mais dans certains quartiers de la ville de Yaoundé, c'est aux beignets et autres gâteaux que les populations ont pris leur petit déjeuner. « J'ai laissé de l'argent pour le pain comme d'habitude, mais à mon retour du marché, les enfants m'ont fait comprendre qu'ils n'ont pu avoir que des gâteaux et que le boutiquier avait même l'air très énervé », raconte Céline B., ménagère. Et pour cause ! Quelques livreurs et boutiquiers ont décidé de rompre la chaîne de distribution. « Nous n'aurons plus notre compte si nous vendons le pain à 125 F. quand le pain coûtait 150 F, nous avions une marge de 25 F, maintenant ce sera seulement 15 F alors les prix ont baissé. Donc nous avons décidé de ne plus en prendre », explique un tenancier d'échoppe au quartier Biyem-Assi. De plus, ces commerçants déplorent également le fait de perdre quand il y a reste de marchandises, parce que les boulangeries ne reprennent pas les invendus. Quant aux livreurs, ils se plaignent de ne plus gagner que 5 F en livrant dans les coins parfois bien éloignés de la fabrique.

Pourtant, l'atmosphère ne semble pas si tendue partout. En effet, dans la majorité des quartiers, le prix homologué par le ministère du Commerce a même commencé à être appliqué avant le 1er juillet. « Depuis lundi, j'achète mon pain à 125 F », affirme Jean Jacques Bidoung, habitant d'Obili. Certains boutiquiers ont d'ailleurs pris la peine d'afficher le nouveau prix. Et dans les boulangeries qui ont l'habitude de travailler avec des livreurs, on a remarqué de longs rangs. « Comme les livreurs n'ont pas fait leur travail, nous ne pouvons rejeter les clients », lance un boulanger, en espérant que tout rentrera dans l'ordre au plus tôt. Mais de l'avis de Jean Marie Nemi Nkolo, chef de la brigade de contrôle et de la répression des fraudes au Mincommerce, ce sont uniquement les commerçants camerounais qui posent problème. « Les ressortissants de l'Afrique de l'Ouest qui sont les plus nombreux dans le secteurs, ont pris l'engagement de respecter les protocoles », souligne le chef de brigade.

Au ministère du Commerce, des mesures ont déjà été prises pour veiller à l'application des nouveaux prix, arrêtés de commun accord entre les boulangers, les associations de consommateurs et les commerçants. Des équipes de la direction de la protection du consommateur sont en effet sur le terrain depuis mardi dernier. Elles doivent particulièrement contrôler l'origine des produits et l'affichage de leurs prix de vente. Sont également concernés, le lait et le riz.

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