Cheick Beldh'or Sigue
1 Juillet 2009
Le fils du président sénégalais, Karim Wade a, enfin, rendu compte de sa gestion très controversée du dernier sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI). Une affaire qui, on s'en souvient, avait fait gloser la classe politique sénégalaise dans son ensemble, et provoqué l'éviction du perchoir, de Macky Sall, ce bien trop curieux président de l'Assemblée nationale qui n'avait que trop compris son rôle.
A la suite d'un long bras de fer qui l'opposa au père, Macky Sall sera ensuite envoyé aux galères pour avoir souhaité entendre Wade fils. Depuis lors, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. L'Assemblée national s'est, en l'occurrence, trouvé un remplaçant dont on dit être un homme du sérail. D'où ce premier constat : ce qu'il a refusé à l'ancien président de l'Assemblée nationale, Karim Wade vient de l'accorder au nouveau patron du perchoir. Qu'est-ce qui a finalement fait changer d'avis le fils du président sénégalais ? A-t-il attendu d'avoir suffisamment de temps pour préparer sa défense, ou faire disparaître des preuves accablantes ? Comment ce qui était impensable hier a fini par être possible aujourd'hui ? En somme, pourquoi maintenant ? En tout état de cause, le citoyen qu'il était hier, n'est pas celui qu'il est aujourd'hui. De conseiller de papa, il a été propulsé à un rang de super ministre. Et s'il a fini par décider de se mettre enfin à table, sans doute est-ce parce que les garanties que lui offre son nouveau statut de super ministre sont bien plus que celles que lui conféraient ses anciennes fonctions. En tous les cas, en se présentant devant les députés, Wade fils n'avait plus à affronter un certain... Macky Sall et se faire éventuellement coincer, si tant est qu'il eût quelque chose à se reprocher. Depuis qu'il n'a plus à faire à l'ancien président de l'Assemblée nationale, il ne court plus le risque de se faire "griller" politiquement. Certes, un super ministère a échu entre les mains de Karim Wade. Mais est-ce suffisant pour ce ministre pour qui le père semble coûte que coûte vouloir ménager une monture pour l'accession à la présidence ? Reste que, pour y arriver, Wade fils sait qu'il aura fort à faire. De fait, ce dernier traîne un lourd handicap : il ne bénéficie pas d'une légitimité populaire, comme l'atteste sa cuisante défaite lors des dernières municipales. Comment conquérir le cà "ur des Sénégalais ? Comment gagner leur sympathie pour remporter les batailles futures ? Sans doute est-ce ce qui préoccupe le plus Karim Wade. En passant enfin devant les députés, l'actuel ministre en charge des Transports aériens, de l'Aménagement du territoire et autres, a certainement voulu donner l'image d'une autorité qui n'est pas au-dessus de la loi, d'un ministre attaché à la transparence. Le hic, c'est que l'accusé a choisi de se défendre en l'absence de Sall. Quel crédit accorder à son exercice réussi devant l'Assemblée nationale, qui achève de consacrer la victoire d'un camp sur un autre qu'on aura pris le soin d'écarter avant l'oral ? En tout cas, les Sénégalais ont toutes les raisons de s'interroger sur la sincérité d'un tel exercice.
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