2 Juillet 2009
Les défis qui attendent Issa Tchiroma
Le nouveau patron du département de la Communication n'est pas étranger des milieux de la communication au Cameroun. De par son activisme tous ces derniers temps, on l'a vu dans différents médias défendre des positions au profit du parti au pouvoir ou de son président, Paul Biya. Il se définit lui-même comme étant un ami des journalistes. " La tache sera facile surtout si nous regardons tous vers la même direction ", a-t-il déclaré sur les ondes de la Crtv au journal de 13h d'hier.
Lors de la dernière visite du Pape Benoit XVI au Cameroun, la répartition de la cagnotte allouée à la communication n'a pas tenu compte des médias privés. Et c'est là l'un des défis majeurs de Issa Tchiroma Bakary, intégrer les médias privés dans l'élaboration des politiques de ce département ministériel, en tenant compte de leurs préoccupations et des difficultés auxquelles ils sont confrontés. Dans ce registre se trouvent inscrits la répartition de la redevance audiovisuelle, l'aide à la communication privée, l'accès aux sources d'information officielles, les licences d'exploitation des entreprises audiovisuelles, la carte de presse avec les avantages qui sont censés l'accompagner ou encore oeuvrer pour l'application de la convention collective. Des questions qui ont toujours été posées sans que des solutions durables puissent être trouvées.
Cohabitation difficile
Dans un front tout autre, Issa Tchiroma (il revient au gouvernement qu'il a quitté le 21 juillet 1994) devra tout mettre en oeuvre pour soigner l'image du Cameroun, surtout à l'extérieur, lui qui a si bien commencé avant même qu'il ne soit nommé à ce poste, en dénonçant le rapport du Ccfd sur les biens mal acquis de Paul Biya. Il devrait, de toute évidence, proposer une politique de communication qui laisse croire, contre vents et marrées, que le Cameroun est un havre de paix et que toutes les agitations observées ici et là ne sont que l'apanage des manipulateurs avides de pouvoir à tout prix et à tous les prix.
Il faudrait par la suite mettre sur pied des stratégies afin de composer avec des collaborateurs qui pensent que le ministère de la communication " est le leur " et que des " intrus " ne devraient pas y être. Issa Tchiroma le sait, lui qui déclare que pour lui, " c'est un challenge, un défi ", car le ministère de la Communication est un " département de souveraineté ". Peut-être que sa casquette d'homme politique lui sera d'un réel apport, pour que le gouvernement cède à ses demandes.
Robert NGONO EBODE
Au Minsep
Michel Zoah annonce les couleurs
La ponctualité n'était pas au rendez-vous. Près d'une heure de retard pour le nouveau Premier ministre, attendu au ministère des Sports et de l'éducation physique (Minsep). A quinze heures, les lieux étaient déjà pris d'assaut. Groupes de danses, proches des promus et déchus, journalistes et autres photographes. " Augustin Edjoa et son successeur sont à l'intérieur ", apprend-on. C'est aux environs de 16h10 que le désormais ex-ministre apparaît à l'entrée de son cabinet. Sanglé dans un ample costume bleu, les yeux rouges, il attend. Les services de sécurité de la primature viennent de lui faire savoir que le chef du gouvernement est en route. Yang Philémon se pointera plus tard, dans cette Mercedes immatriculée " Pm ". Il s'introduit dans le cabinet du ministre et en ressort quelques minutes plus tard. Accompagné des ministres entrant et sortant et d'une nombreuse suite, il se dirige vers la salle des conférences. Son propos est bref et concis à l'endroit d'Augustin Edjoa, Minsep du 22 septembre 2006 au 30 juin 2009.
" Monsieur Augustin Thiery Edjoa, au nom du président de la République, je vous remercie pour les services rendus à la nation en qualité de ministre des Sports et de l'éducation physique. Je vous souhaite bonne chance dans vos futures activités ", dit le Pm. Zoah Michel, nouveau ministre à ce poste recevra un topo aussi bref. " Monsieur Zoah Michel, je vous félicite pour le mérite que vous avez de bénéficier de la haute confiance du président de la République, son excellence monsieur Paul Biya, qui vous a nommé ministre des Sports et de l'éducation physique. Dans l'accomplissement de votre tâche, je vous recommande de faire preuve d'un esprit équipe, d'une franche collaboration, d'un dévouement, et d'un loyalisme sans faille. Aussi, et conformément aux dispositions du décret n° 2009/223 du 30 juin 2009, je vous déclare installé dans vos fonctions de ministre des Sports et de l'éducation physique et vous souhaite plein succès ", déclare Yang Philémon.
Un discours laissant apparaître déjà son dévouement à celui qui par un décret vient de le porter à la tête du gouvernement Camerounais. Pas le temps de papoter, le Pm et sa suite démarrent en trombe. La course aux installations n'étant pas achevée. Derrière lui, Augustin Edjoa et Zoah Michel se retrouvent au cabinet du ministre. Contre mauvaise fortune, l'ex-ministre fait bon coeur. " Je vous connais personnellement. On a cheminé ensemble longtemps ", lance Augustin Edjoa. Effectivement, les deux ministres sont d'anciens enseignants du secondaire. " Je vous souhaite bonne chance. N'hésitez pas à nous solliciter, je suis à Yaoundé. Je vais profiter d'un moment de repos ", poursuit-il. Salutations, accolades, on applaudit ça et là, alors que d'autres rient jaune. " Je suis un homme nouveau dans cette maison, sans a priori, sans préjugés ", entame le nouveau promu.
Et de poursuivre : " j'affecte à chacun d'entre vous un crédit bancaire de 100% ". Certains croient à une dotation en argent et applaudissent à tout rompre. L'autre s'explique. " Il vous revient de le fructifier ou de le débiter ", ajoute Zoah Michel. Ce, avant de mettre ses futurs collaborateurs en garde, au cas où ils débiteraient ce crédit confiance jusqu'au découvert. Le physique svelte de ce fonctionnaire de 52 ans, ajouté à sa mine austère et autoritaire, annonce les couleurs. Bluff ou sérieux ; le temps nous le dira !
Edouard TAMBA
Sga/Pr
Agbor Tabi : un sécurocrate à la présidence
Le nouveau secrétaire général adjoint à la présidence de la République est né le 23 février 1951 à Mamfé, département de la Manyu dans la région du Sud-Ouest. Après le Lycée bilingue de Buea et des études supérieures à l'Université de Yaoundé où il obtient une licence bilingue en 1975, il poursuit sa formation aux Etats-Unis ou il obtient à Columbia University en Caroline du Sud successivement un master degree en 1978 puis un Ph.D (relations internationales) en 1982. Au début des années 1980, il regagne le Cameroun où il enseigne à l'Institut des relations internationales du Cameroun (Iric) et à l'Université de Yaoundé. En 1984, il est nommé directeur adjoint de l'Iric, puis directeur en 1988. Il devient en 1991 chancelier de l'Université de Yaoundé en remplacement de Joël Moutlen. Il fut le dernier chancelier de l'université avant son éclatement suite à la réforme de 1993. En tant que chancelier de l'Université de Yaoundé, Peter Agbor Tabi a eu à gérer la fronde des étudiants menée par un mouvement qui s'était donné le nom de Parlement estudiantin.
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