Le Messager (Douala)

Cameroun: Le consommateur est pris en tenaille

Marie-Noëlle Guichi

2 Juillet 2009


Le prix du pain arrêté d'un commun accord entre le ministre du Commerce et les opérateurs de la filière n'est pas toujours respecté "

Ce rappel en valait la peine. C'est que, depuis la signature, le 22 juin 2009, du protocole ramenant le prix du pain au consommateur de 150 francs Cfa à 125 francs Cfa, beaucoup de vendeurs rechignent à suivre cette mesure qui était pourtant d'application immédiate. Les descentes inopinées des agents de la brigade nationale du contrôle des prix dans certaines boulangeries de Yaoundé jeudi et vendredi derniers ont débouché sur des mises en demeure aux récalcitrants.

Les boulangeries Convergence, la Source, Ambiance, Barery, le Progrès et quelques autres clandestines sont passées à la trappe pour non respect du protocole, vente sans facturation, absence de marquage du poids, etc. Une importante quantité de pains a même été saisie. Cette répression a eu pour résultats le respect des prix concertés dans les boulangeries, où la baguette se vend à 125 francs désormais depuis le week-end dernier. Mais dans les quartiers, le consommateur se l'offre toujours à 150 francs Cfa.

Ces livreurs illégaux !

Lundi dernier, le ministre du Commerce a redit aux acteurs de la filière pain qu'il entend assainir la chaîne de distribution de ce produit d'appel qui, à son avis, doit s'écouler sans que le vendeur cherche à tout prix à s'octroyer une si grande marge bénéficiaire. 125 francs Cfa, ç'en était trop, selon le Mincommerce et les associations des consommateurs. Pour eux, le prix du pain n'a même pas baissé dans les protocoles. Il a juste été stabilisé, puisqu'il a été maintenu à 105 francs Cfa au grossiste, comme c'était le cas avant les récentes concertations. Ce sont les livreurs, qui n'existent cependant pas légalement dans la chaîne de distribution du pain, qui font de la surenchère, apprend-on. Ils le prennent à 105 francs à l'usine et le replacent à 125 francs Cfa au détaillant qui, à son tour, le vend à 150 francs aux ménages. Du coup, on se rend compte les consommateurs sont pris en tenaille par ces livreurs et les détaillants qui se font du beurre sur leur dos.

Rappelant les textes en vigueur dans ce domaine, Alphonse Essy, le président de l'association nationale des consommateurs fait observer que les boulangers doivent, selon la réglementation en vigueur dans le secteur depuis un an, effectuer eux-mêmes la livraison du pain aux tenanciers des échoppes du quartier. Dans un esprit de tolérance, les livreurs ont été maintenus dans la chaîne de distribution du pain par les participants à la rencontre. Mais, ces intermédiaires illégaux sont sommés de revoir à la baisse leur marge bénéficiaire ; le boutiquier aussi.

Au terme de chaudes discussions entre ces deux catégories de vendeurs, sous le guide du président du syndicat patronal des boulangers, Jean Claude Yepmo, il a été convenu que les livreurs et les boutiquiers se partageront les 20 francs ajoutés sur le prix industriel, afin que le consommateur final ait son pain à 125 francs.

Pénalités rudes pour les réfractaires

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Cette énième rencontre n'était plus l'occasion d'une nouvelle négociation, leur a dit, à maintes reprises, le ministre du Commerce. " Il s'agit de faire appliquer les prix que nous avons arrêtés ensemble. Le gouvernement ne vous a pas forcé la main. Les engagements ont été contractés volontairement par les uns et les autres, au cours des concertations qui ont abouti à ces prix. Ils doivent être respectés, sinon, des sanctions extrêmes seront appliquées aux opérateurs de mauvaise foi ", a martelé Luc Magloire Mbarga Atangana qui a néanmoins, par clémence, gelé toutes les mesures punitives distribuées à la pèle en fin de semaine dernière sur le terrain par ses collaborateurs aux récalcitrants. Des sanctions qui allaient de la mise en demeure à la pose des scellées. Le tout devant déboucher sur des amendes atteignant 5% du chiffre d'affaire pour les cas les plus flagrants de refus de coopérer. En décidant de surseoir à ces sanctions, le Mincommerce a néanmoins indiqué qu'à compter du 30 juin dernier, le pain devrait se vendre à 125 francs Cfa au consommateur.

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