Le Soleil (Dakar)

Sénégal: L'impatience des usagers et des riverains

Aly Diouf

2 Juillet 2009


L'ouverture de l'autoroute à péage est attendue par les usagers. Les habitants se trouvant sur le tracé, s'organisent pour le déguerpissement, préalable au démarrage de la phase suivante. Ils ont la possibilité de choisir entre un dédommagement en nature, en nature et en espèce et enfin en espèce.

Il est 18 heures. C'est le premier du mois, un jour ouvrable. Voilà un ensemble de facteurs qui produisent des bouchons sur des endroits comme la Patte d'oie et la route nationale jusqu'à Rufisque. Un long fil de véhicules se forme sur les échangeurs de la Patte d'oie. Cyclomoteurs et colporteurs disputent la chaussée aux particuliers, transporteurs en commun et quelques gros porteurs. Coincé dans les embouteillages, M. Diagne attend avec impatience l'ouverture prochaine de l'autoroute à péage. « Elle était prévue pour le début de ce mois de juillet », fait-il remarquer avant de souligner que « mieux vaut payer et arriver à temps que d'être tout le temps en retard ».

Si ce banlieusard de Keur Massar est moins regardant sur le prix à payer, M. Diouf de Thiaroye Azur ne l'est pas. Il pense qu'en fixant celui-ci, il faut surtout tenir en compte le pouvoir d'achat des banlieusards. Sur la route nationale, juste avant le croisement de Cambérène, Mme Rokhaya Diop est comme tous les usagers prise dans les bouchons. Néanmoins, elle prend son mal en patience et attend impatiemment l'ouverture prochaine de l'autoroute à péage. Seulement la pikinoise qu'elle est, s'est demandé si elle doit payer et combien elle doit-elle payer.

De l'autre coté du croisement Seven Up, la préoccupation est tout autre. Dans cette partie de la banlieue, entre la route nationale et les rails, juste en face de Philip Morris, un pont sort petit à petit de terre. A côté, dans les maisons se trouvant sur le tracé de l'autoroute à péage, la poursuite des travaux est à l'ordre du jour. Fatou Samaké, une locatrice « depuis sept ans », salue « l'utilité publique de l'autoroute à péage ». Elle déplore le mutisme du gérant et estime qu'on doit les « avertir à temps » pour trouver d'autres locales. Oustaz Mamadou Mbaye est beaucoup plus imprégné que Mme Samaké. Sa maison jouxtant l'usine Nma Sanders devait accueillir hier nuit une réunion de quartier. Les convoqués devaient discuter des dispositions à prendre par rapport au déguerpissement.

Depuis 2006, informe-t-il, ils sont en étroite collaboration avec l'Apix. Après cette date, les familles recensées, qu'il estime au nombre de 3 000, ont formé un collectif des associations des personnes affectées par l'autoroute à péage. Ces associations sont au nombre de cinq et sont organisées en fonction des cinq communes d'arrondissement traversées. Tout comme Mme Samaké, il estime qu'ils vont quitter parce que l'autoroute à péage est d'intérêt public mais exige-t-il des « conditions meilleures ».

La réunion d'hier soir devait permettre aux concernés de revenir, ensemble avec l'Apix, sur les modalités du dédommagement avant la validation des choix faits. Selon M. Mbaye, les autorités leur avaient fait trois propositions. Il s'agit d'une maison clef en main dans la zone comprise entre Tivaouane Peulh, Keur Massar et Mbeubeuss, un terrain plus une somme d'argent ou un dédommagement financier uniquement.

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